L'heure française - Bilan et possibilités de réforme

Rapport rédigé par la présidente de l'ACHED

Le rapport du Sénateur Philippe François (octobre 1995), mentionné dans notre rapport page 4

Ce rapport, rédigé  en novembre 2012, était destiné à être présenté aux conseillers de la Présidence de la République. Il a effectivement été remis directement à l'Elysée peu de temps après. Vous le trouverez ci-dessous in extenso.

La soixantaine de pièces jointes, énumérées dans l'ordre de leur citation en fin du rapport, ont été placées soit dans les rubriques "Documents 1 à 4" ("Documents 1" renferme les pièces 1 à 10, "Documents 2" les pièces 11 à 20, etc..). soit dans les rubriques "Documents 51 à 54".

NOUVEAU : Un résumé en cinq pages, destiné à bien expliquer notre argumentaire à vos correspondants et à tous ceux qui veulent nous soutenir et comprendre notre action.

Rubrique :  Résumé du rapport

Pour mémoire, voyez ci-contre la couverture du rapport du Sénat, il y a 19 ans et resté lettre morte malgré une proposition de loi votée ensuite à une large majorité! Rédigé en 1995, il a été publié en 1996 et apparait donc à la "saison" sénatoriale 96-97 en consultant internet.

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Vous pouvez regarder aussi dans la rubrique "Ailleurs et Ici" les documents qui ont été envoyés en décembre 2012 à l'ambassade d'Ukraine à Paris, avec le résumé du présent rapport. En effet, le parlement ukrainien devait débattre de la question "heure d'été" et des changements d'heure.

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RAPPORT DE L'ACHED

L’AVANCEMENT RECORD DE L’HEURE LÉGALE FRANCAISE

BILAN ET POSSIBILITÉS DE RÉFORME

novembre 2012 modifié 2014

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L’AVANCEMENT RECORD DE L’HEURE LÉGALE FRANCAISE

BILAN  ET  POSSIBILITÉS  DE  RÉFORME

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Comme sur ce blog le rapport apparaît en "page unique", vous trouverez la pagination de la version papier à gauche sous la forme page 1, page 2, page 3, etc en tête de page

L’AVANCEMENT RECORD DE L’HEURE LÉGALE FRANCAISE

BILAN  ET  POSSIBILITÉS  DE  RÉFORME

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Résumé  Le système dit « heure d’été » impose des contraintes lourdes avec des changements de l’échelle de l’heure légale, par rapport à l’échelle du fuseau, qui est proche de l’heure solaire, laquelle commande plusieurs fonctions organiques. Ces changements font pression sur des pays voisins qui ne les voudraient pas : c’est le cas du Mexique et du Canada, qui souffrent des changements d’heure des Etats-Unis et des modifications du calendrier dans ce pays Or, une harmonisation mondiale des dates et heures des changements d’heure est impossible entre les deux hémisphères et les longitudes éloignées. Des « horaires d’été » (un horaire est un point de référence dans l’échelle de l’heure) pourraient remplacer avantageusement les « heures d’été », « simples » comme « doubles » (avantages : grande flexibilité et possibilité d’adaptation régionale). Beaucoup de pays refusent le système «heure d’été», ou l’ont abandonné après l’avoir essayé (Chine, Inde, Japon, Egypte, et divers pays du continent africain). Les directives européennes n’imposent pas l’application des heures d’été dans les pays membres de l’Union, mais seulement des dates et des heures pour ceux qui les appliquent. Cette version des compétences, manifestée par le Conseil et le Parlement européens, est contredite par la Commission, mais seulement depuis 1997. Les prétendus avantages de l’heure avancée d’été sont inconsistants. Côté énergie, des surconsommations (chauffage, trafic, climatisation et autres cumulées) dépassant les économies d’éclairage ont été évaluées depuis les années 80 (et récemment par KOTCHEN & GRANT, USA). Or, l’utilisation croissante des lampes très efficaces fera diminuer rapidement les économies d’éclairage liées à l’heure avancée. Concernant les loisirs, il n’y a pas eu d’évaluation quantitative, à part une étude de l’ACHED qui a évalué des produits «personnes x jours » à effet négatif supérieurs aux produits positifs. Les liaisons des transports souffrent beaucoup des systèmes « heure d’été » : rupture des rythmes, détérioration des conditions météorologiques le matin, et augmentation des accidents. Des études ont mesuré des augmentations des accidents de la circulation liées à l’heure d’été (COREN, Canada, et autres), des accidents du travail (BARNES, USA) et aussi des accidents cardiaques (JANZSKY, Suède), tous mis en relation avec le raccourcissement du temps de sommeil. Le déplacement de la lumière vers le soir retarde la sécrétion de la mélatonine, l’hormone du sommeil (que la lumière bloque), d’où une surconsommation de somnifères ; l’efficacité et la compétitivité du travail sont diminuées. La fatigue qui s’ensuit a des effets négatifs sur le travail intellectuel et physique. Le travail de plein air est aussi rendu difficile par les conditions météo du matin (obscurité, froid et humidité), retardées par l’heure avancée. Ceci est particulièrement marqué en France, en raison de l’avancement de deux heures en période « été ». L’élévation des pics de polluants photo-oxydants de l’air est aussi plus importante dans les pays à heure d’été « double ». Il est essentiel pour la France d’admettre la pertinence des études scientifiques réalisées ailleurs. La confusion inadmissible entre heure d’été et voyage transméridien doit cesser. Notre pays pourrait quitter l’heure d’été aussi bien que s’aligner en hiver sur son fuseau géographique. Dans les deux cas, l’avance d’été serait d’une heure par rapport à l’heure du fuseau 0 (zéro), laquelle a déjà un impact énergétique (discutable). Une interrogation à la Cour européenne de Justice permettrait d’y voir plus clair, l’abandon des changements d’heure étant prioritaire ce serait la meilleure solution ; mais revenir à l’heure du fuseau horaire en période « hiver » apporterait une amélioration importante et signifierait la fin d’une inégalité importante par rapport aux autres pays de l’Union européenne. 

Abstract The system said "daylight saving time" (DST) imposes heavy constraints with changes in the scale of the time, compared to the scale of the geographic zone, which is close to the solar time, loading our biological fonctions. These changes put pressure on neighbouring countries that do not want them. A global harmonization of dates and hours of time changes is...

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...impossible between the two hemispheres (seasons opposed) and the remote longitudes. "Summer hours", better adapted to ech region, could replace "summer time". Many countries refuse the system "DST" or abandoned it after trying (China, India, Japan, Egypt, other African countries). Europe’s Directives do not impose the application of the hours of summer in the countries of the Union but only dates and times for those applying them. This version of the skills shown by the Council and the European Parliament, is contradicted by the Commission, but only since 1997. The alleged benefits of the DST are inconsistent. Side energy of spotting (heating, air conditioning, and other cumulative) exceeding lighting savings evaluated since the 1980s (BOUILLON, KOTCHEN & GRANT, and others). However, the increasing use of modern lamps will decrease quickly lighting savings related to daylight savings time. For leisure, there are no quantitatives assessments, apart from a study of the ACHED which evaluated products "persons x days with benefits" less important than negative products. The transport links are suffering very much of the systems 'DST': broken rhythms, deterioration of weather conditions in the morning, and increase in accidents. Studies have measured increases in traffic accidents related to the time of was (COREN, Canada and others), work accidents (BARNES, USA) and also the cardiac accident (JANZSKY, Sweden), all set in connection with the shortening of the time of sleep. The displacement of the light to the ancient night delayed the secretion of melatonin, the sleep hormone, where overuse of sleeping pills: the effectiveness and competitiveness of work are reduced. The fatigue that follows has negative effects on the intellectual and physical work. Outdoor work is also made difficult by the morning weather (cold and humidity), delayed by the DST. This is particularly marked in France and Spain, due to the advancement of two hours during "summer". The elevation of the peaks of oxidants the air pollutants is also more important in countries with "double" DST. It is necessary for France to recognize the relevance of scientific studies elsewhere. The unacceptable confusion between DST and jet travel must stop. France, as Spain, could leave DST as well to line up in winter on its geographic zone. In both cases, the advancement of summer would be one hour from the time of the zone 0, that advance having also an energy effect (contestable). A question to the European Court of Justice would see clearer, the abandonment of the changes of time being priority.

 

INTRODUCTION

L’heure légale française se trouve avancée d’une heure en période « hiver » et de deux heures en période « été » par rapport à l’heure de son fuseau géographique (fuseau 0, appelé fuseau de Greenwich). Cette situation constitue une exception quasi mondiale. En Europe, seuls des pays voisins de la France, qui avançaient déjà d’une heure toute l’année (ayant suivi la France dans les années 40), utilisent ce type d’heure d’été « double : l’Espagne et les trois pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Le Portugal prit une heure d’été « simple », après avoir essayé la « double » pendant quelques années. Tous les autres pays de l’Europe, à l’exception de l’Islande, ont mis en place des heures d’été » simples ». La Suisse conserve le système malgré une « votation » contre. La Lituanie voudrait supprimer les changements d’heure.

Ailleurs dans le monde, les Etats Unis d’Amérique maintiennent des heures d’été « simples », sauf certains Etats (Arizona, Hawaï, puisque pour eux il ne s’agit pas d’une obligation, avec un calendrier différent de l’européen. En Alaska existe une opposition importante. Le Canada et le Mexique ont suivi, à contre-coeur. En Amérique latine, peu de pays ont introduit l’heure d’été. L’Argentine l’abandonna à cause des accidents. Pareil pour l’Afrique, où des pays du nord, comme l’Egypte, l’ont utilisée, puis abandonnée. Au Mexique les changements d’heure ne ont pas obligatoires : l’état de Sonora ne les applique pas.

L’Australie s’est ralliée à l’heure d’été, mais la région du Queensland l’a abandonnée, en raison de la pénibilité que l’heure avancée entraine pour les travaux agricoles. En Asie, la Chine a essayé le système, pour le supprimer ensuite, invoquant un « chaos » pour les horaires, surtout ceux des chemins de fer de ce vaste pays. Le Japon et l’Inde n’en ont pas...

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...voulu (les avantages seraient « subjectifs », selon les japonais). Plus près de nous, plusieurs pays ont abandonné récemment l’heure d’été, dont l’Arménie et la Biélorussie. La Fédération de Russie a supprimé les changements d’heure avec le Président MEDVEDEV, mais en gardant des heures d’été toute l’année, ce que la population et des scientifiques n’ont pas apprécié (voir plus loin). L’Ukraine doit bientôt débattre la question.

Signalons qu’en Iran, l’introduction de l’heure d’été suscita un fort mécontentement vis-à-vis du Shah (avec des manifestations), peu avant sa chute. Le régime qui suivit supprima l’heure d’été, puis la reprit à nouveau.

Dans ce document, nous passerons en revue les effets pervers de l’heure avancée d’été, après avoir examiné les prétendus effets bénéfiques, les alternatives au système et les réformes possibles.

SOMMAIRE

            Introduction……………………………………..…………………………….……….page 2

            Sommaire - Généralités et compétences dans l’UE……………..…….page 3

            Transports……………………………………………………………………………….page 6

            Loisirs et Tourisme…………………………………………………………………..page 7

            Energie………………………………………………………………………………..…..page 9

            Santé……………………………………………………………………………………...page 14

            Accidents………………………………………………………………………………..page 20

            Travail scolaire……………………………………………………………………....page 23

            Travail en général…………………………………………………………………..page 24

            Environnement………………………………………………………………………page 26

            Météorologie………………………………………………………………………...page 27

            Autres effets pervers……………………………………………………………..page 27

            Conclusion…………………………………………………………………………....page 28

            Note sur les fuseaux horaires……………………………………….………..page 28

            Cartes de l’heure et liste des pièces jointes………………………….…page 30

 

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Généralités

Le changement d’heure qui introduit l’heure avancée d’été n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen, très lourd et contraignant, d’avancer les activités humaines. Le même résultat peut être obtenu en utilisant simplement des horaires de travail avancés pendant la même période. Les effets pervers sont presque les mêmes, mais ce moyen est davantage réversible et ne fait pas pression sur les transports internationaux, pression qui force les pays proches, voire lointains, de l‘utiliser également. De plus, il permet des adaptations par régions. L’avancement permanent des heures, « hiver » comme « été », conduit en période « été » au même résultat que le système dit « heure d’été »,  en faisant l’économie des changements d’heure. Mais le fait d’avoir une heure avancée en « hiver » peut causer certains problèmes, surtout dans les pays du Nord de l’Europe, comme l’Ecosse, où la lumière naturelle dure seulement six heures à l’époque du solstice d’hiver.

 

En France, une heure d’été dite « simple » a été adoptée pendant la première grande guerre mondiale, quand  l’heure est passée de GMT à GMT+1 an période « été » (loi du 9 juin 1916 parue dans le Journal Officiel de la République Française du 11 juin 1916)..

Ce système a duré jusqu’à la deuxième grande guerre, quand les envahisseurs nous ont imposé l’heure GMT+1 en « hiver » (l’heure du fuseau de Berlin) et GMT+2 en « été ». Puis, le général De GAULLE a supprimé l’avancement d’été : la France est restée pendant une trentaine d’années à l’heure GMT+1 « fixe » (c’est le système que l’ACHED préconise actuellement). Ensuite, le gouvernement français a repris en 1976 le régime GMT+1/GMT+2 (voir la note sur le système des fuseaux horaires en fin du rapport).

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La réforme de l’heure légale pourrait être effectuée de deux manières, conseillées depuis longtemps par quatre rapports parlementaires pourtant classés sans suite.

 

1 - Le premier rapport du Sénat (1990) a proposé la diminution d’une heure, été comme hiver, de l’avancement de notre heure légale, c’est-à-dire l’adoption de l’heure d’été « simple », avec le système <<UTC « hiver »  UTC+1 « été »>> (voir note finale sur GMT et UTC).

Le changement d’heure maintenu, ses inconvénients actuels de rupture de rythmes seraient  proches, mais la diminution de l’avancement serait très bénéfique pour la santé et pour le travail. C’est à cause de son avancement exagéré que la France apparait dans les sondages européens d’opinion (EUROBAROMETRE) comme le pays le plus hostile à l’heure d’été, suivi par l’Espagne et la Belgique. Ce rapport fut à la base d’une proposition de loi du Sénat et d’une autre de l’Assemblée Nationale.

Il faut noter que presque toutes les études scientifiques actuellement connues concernent l’heure d’été « simple » hors de nos frontières. En effet, peu de travaux ont été réalisés en France au sujet des effets pervers de l’heure avancée, à part ceux suscités par l’ACHED (Université des sciences et techniques de Lille au sujet des polluants photo-oxydants), commandités par l’Association (Météo-France de Lille, concernant les épisodes de brouillard dense, sondage BVA avec des questions « ouvertes »)), ou réalisés par elle-même (accidents de la circulation après l’introduction de l’heure d’été en 1976, et de l’extension de la période d’heure d’été en 1996, corrélation de la fréquence du suicide avec l’avancement total de l’heure légale).

Si notre pays adoptait le système UTC « hiver » - UTC+1 « été », il devrait avancer les horaires des trains internationaux, lesquels rouleraient aux mêmes horaires UTC que maintenant.

 

2 – Les trois autres rapports parlementaires ont recommandé la suppression pure et simple des changements d’heure avec maintien toute l’année de l’heure actuelle d’hiver UTC+1 (déjà avancée par rapport à notre fuseau 0). Ce sont les deux rapports des députés Mme Ségolène ROYAL (1990) et M. François-Michel GONNOT (1996) et le second rapport du sénateur M. Philippe FRANCOIS (1996). Voir  http://www.senat.fr/rap/r96-13/r96-130.html

Cette solution est celle préférée par notre association, car elle supprimerait les changements d’heure et limiterait l’avancement de l’heure légale en période « été ».

La réforme en question serait moins facile à mettre en œuvre, dans la mesure où il est souhaitable (mais non indispensable) que la France se mette dans un premier temps d’accord avec ses partenaires européens, lesquels ont très peu travaillé la question, à part l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni.

Si plusieurs autres pays ne donnaient pas leur accord, ou ne répondaient pas, la France pourrait essayer de s’entendre avec l’Allemagne, car les autres pays suivraient alors l’abandon germano-français des changements d’heure.

En tous cas, la France se doit d’informer ses partenaires dans le cas où elle se préparerait à abandonner les changements d’heure en solitaire…

 

                   Compétences

…Ceci serait possible, puisque les directives européennes, d’après la majorité des interprétations, n’obligent pas à appliquer des « heures d’été », mais seulement à utiliser les mêmes dates que les autres pays pour le début et la fin de leur période d’heure d’été, DANS LE CAS OU LE PAYS EN QUESTION  APPLIQUERAIT UN SYSTEME D’HEURE D’ÉTÉ.

Cette interprétation a été présentée par le Conseil de l’UE et par le Parlement Européen devant le Tribunal de Luxembourg dans leur défense commune face à un recours contre la directive 2000/84/CE  introduit par notre Association (française « Contre l’heure d’été »).

Le Tribunal de Luxembourg (institution supplémentaire de la Cour Européenne de Justice) a repris cette interprétation, en préalable à son Ordonnance du 14/01/2001 (PJ n°ˢ 1,2 et 3).

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La même interprétation a été celle de la Commission européenne, depuis l’adoption de la première directive sur l’heure d’été, et ceci jusqu’à l’année 1997, quand la France a annoncé son souhait d’abandonner l’heure d’été ! A ce moment la Commission a déclaré l’heure d’été  obligatoire en tant que telle. Or, les articles des directives concernant l’heure d’été n’ont pas varié depuis la première, à part en ce qui concerne la fin de la période d’heure avancée, étendue au mois d’octobre (jusqu’au dernier dimanche à 1 h, TU) depuis l’année 1996.

Si on donnait du crédit aux déclarations actuelles de la Commission,  il faudrait penser que les équipes qui ont élaboré la première directive ne savaient pas ce qu’elles faisaient (PJ n° 4 et 4bis). Il faudrait aussi que l’équipe actuelle de la Commission puisse justifier le fondement juridique d’une prétendue obligation d’application des heures d’été dans tous les pays de l’UE. Car la meilleure harmonisation serait bien sûr « Pas d’heure d’été ». Quant au présent,  le bilan énergétique du système et l’ensemble de ses coûts, contraintes et effets pervers paraissent clairement déconseiller l’utilisation de changements d’heure (pour la nouvelle interprétation de la Commission, voir la 9ème Directive en PJ n°1 bis).

Le rapport de 1996 du Sénat (accessible par internet, voir le site du Sénat) explique bien la question des compétences, avec des références à des documents européens dans lesquels est présentée la liberté des pays d’avoir ou non l’heure d’été.

Néanmoins, afin d’éviter des polémiques et des retards inutiles, la France ferait bien de demander rapidement à la Cour européenne de Justice d’établir le droit dans cette matière.

Dans l’éventualité, très improbable, où la Cour reconnaîtrait une obligation pour tous les pays de l’UE d’appliquer des heures d’été, il resterait à la France un recours, celui de souscrire à la proposition de Loi de sa Haute Assemblée pour une « heure d’été simple » soit << UTC « hiver » et UTC+1 « été »>>, mieux en correspondance avec notre fuseau horaire.

L’abandon de l’heure UTC+2 par la France seule ne poserait pas de problème pour les transports internationaux. Il suffirait alors que notre pays avance ses horaires d’une heure pour ces transports en période « été » seulement. Si tous les pays voisins suivaient la France, aucun horaire de transport ne devrait être avancé. Mais si seulement une partie des pays suivait le nôtre, il faudrait alors :

- soit que la France, et les pays en accord avec elle, avancent tous d’une heure leurs horaires de transport en période été.

- soit que les autres pays (ceux qui continueraient à avancer l’heure en période été) retardent d’une heure leurs horaires de transports internationaux.

 

Il est essentiel de bien faire la différence entre « heure », qui est une échelle, et « horaire », qui est un point de repère dans une échelle de l’heure. Lors des changements d’heure légale des systèmes dits « heure d’été », l’échelle de l’heure légale « glisse » par rapport à l’échelle de l’heure solaire (la seule qui ait une réalité en elle-même), dans un sens ou dans l’autre, selon la période (« hiver » ou « été ») dont on sort.

La France rendrait service à ses partenaires européens en lançant l’abandon des changements d’heure. En 1975, elle a décidé unilatéralement d’utiliser un système d’heure d’été à partir de 1976, système censé apporter des économies d’énergie. Elle a alors commis quatre  erreurs à cette occasion:

- Erreur de ne pas prendre en compte sa propre situation (heure légale déjà avancée). Or, la première heure d’avancement produit les mêmes effets que la deuxième heure d’avancement, en particulier par rapport à l’énergie et les loisirs. Avec deux heures d’avance la France additionne les effets positifs et négatifs des deux heures en question ;

- Erreur de ne pas réaliser que les lampes économes (déjà existantes et bien diffusées sous leur forme primitive de tubes fluorescents), allaient faire diminuer progressivement les économies d’éclairage liées à l’heure d’été, calculées avec des lampes à incandescence majoritaires;

- Erreur de ne pas s’inquiéter des effets pervers de l’avancement de l’activité sur différents secteurs, santé, travail et accidents principalement ;

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- Erreur de ne pas comprendre que les changements d’heure français allaient forcer d’autres pays, à commencer par nos voisins, à les adopter aussi.

 

A présent, notre pays a le devoir de présenter un bilan actualisé de l’heure avancée d’été, en prenant en compte les études réalisées ailleurs, études qu’elle s’obstine encore à méconnaître. L’obligation récente d’utiliser seulement des lampes performantes, par le retrait des incandescentes à la vente, lui fournit une bonne raison pour alerter ses partenaires. La France n’a pas le droit de laisser passer ce moment.

Ce rapport présente des bilans actualisés dans les différents secteurs cités, énergie, santé, travail et accidents, et en plus environnement. Il s’appuie sur de nombreux travaux scientifiques, à la fois rigoureux et publiés.

La question est très importante: L’heure est notre relation au soleil, à sa lumière certes, mais aussi à sa chaleur, qui nous parviennent en même temps.

Les avancements de l’heure cherchent à centrer nos activités sur le maximum de lumière (midi vrai = midi solaire). Mais, traditionnellement, dans nos régions tempérées, les activités ont été centrées sur le maximum de température de l’air, qui arrive normalement à 14 heures solaires à peu près…Lever de la majorité d’entre nous vers 6h, soit huit heures avant 14 h, et coucher vers 22h, huit heures après 14h. Or nos horaires se sont installés à l’époque où l’heure solaire était utilisée, ou bien celle du fuseau horaire, qui diffère au maximum de 30 minutes de l’heure vraie. Actuellement, les chiffres des horaires sont maintenus, mais ils se trouvent sur une échelle d’heure avancée. En France, le lever des familles à 6h30 légales correspond en moyenne à 4h30 solaires pendant la période dite d’« été » (en moyenne, car l’avancement de l’heure légale par rapport à l’heure solaire n’est pas le même dans les régions Est et Ouest de l’hexagone, puisqu’il varie avec la longitude du lieu).

                                                   

Il est possible d’établir rapidement que l’heure d’été n’est bénéfique ni pour les transports, ni pour les loisirs, ni pour l’énergie.

 

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Transports

 

Des journalistes et des personnages politiques ont parfois insinué que l’heure d’été favorisait les transports. Rien de plus erroné. Les directives européennes n’ont fait que limiter les méfaits de l’heure d’été au sujet des transports en harmonisant les dates des changements d’heure.

Disons-le encore : La meilleure harmonisation serait « Pas d’heure d’été ». En effet, les avancements du trafic ferroviaire au printemps et ses retardements à l’automne restent un problème même si les compagnies s’y sont habituées. Le plus souvent, c’est le voyageur qui en pâtit, soit parce que les trains arrivent en retard le jour de l’avancement de l’heure, soit parce qu’ils partent une heure plus tard ou s’arrêtent une heure pendant la nuit en rase campagne quand l’heure est retardée. Certains voyageurs sont obligés d’attendre dans des mauvaises conditions aux heures de départ. Pour ajouter à la cacophonie, les horaires des trains appelés « d’été » et « d’hiver » sont à des dates différentes que celles des changements d’heure légale.

 

Deuxième difficulté pour les transports, surtout aériens ou routiers : Les conditions météorologiques sont moins bonnes le matin (en termes d’heure légale), puisque les brouillards tardent (apparemment, pas en rapport à l’heure « vraie ») une heure de plus à se dissiper, sans compter les brouillards givrants du mois d’avril, d’où des retards ou davantage d’accidents. Voir à ce sujet un extrait du rapport de 1981 du Ministère Fédéral de l’Intérieur de RFA qui fait état de ce problème, en rapportant le constat des retards des vols des avions de ligne suite à l’introduction de l’heure d’été dans ce pays (PJ n°5).

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Notre association « Contre l’heure d’été » a commandé un travail à Météo-France de Lille  concernant le rapport entre les épisodes de brouillard dense et les heures de la journée : heures UTC, et leurs équivalentes en termes d’heure légale française. L’étude a établi que pour la région de Lille les épisodes de brouillard dense sont importants dans les périodes des « rushs » matinaux pendant les mois de transition entre les périodes « heure d’été » et « heure d’hiver ». En effet, les brouillards se produisent autour des minimums de température de l’air, à peu près une heure après le lever du soleil. A l’époque des équinoxes, le soleil se lève partout vers 6h, heure solaire vraie, c’est-à-dire, vers 8h environ, heure légale d’été française, et le minimum de température, moment le plus propice pour les brouillards, se produit vers 9h, heure légale. Au mois d’avril, ces épisodes affectent beaucoup les tranches de circulation intense entre 8 h et 10h, heure légale, six fois plus que si l’heure utilisée avait été l’heure du fuseau. Au mois de septembre, c’est la circulation entre 7h et 9h qui connaît la dégradation la plus importante des conditions de visibilité : trois fois plus d’épisodes de brouillard dense, comparativement aux conditions de la tranche 7h à 9h, heure du fuseau, (et plus du double pour le mois d’octobre) (PJ n°6).

Autres difficultés liées au déplacement de la pointe de température de l’après-midi : Les longs trajets des départs en vacances sont davantage fatigants, surtout dans les pays de la moitié sud de l’UE, et spécialement pour les familles hébergées en appartement de location ou résidence de vacances, dont les tenanciers remettent rarement les clefs après 18 ou 19 heures légales.

Finissons par des considérations à l’échelle de la planète : Les changements d’heure sont impossibles à harmoniser dans les deux hémisphères, puisque les saisons sont inversées entre le Nord et le Sud. Les changements sont quasi impossibles à harmoniser aussi entre des pays situés à des longitudes éloignées, comme la France et le Japon (qui n’utilise pas d’heure d’été, soit dit en passant, l’estimant d’un intérêt subjectif…) : Il faudrait que le Japon change son heure pendant une période d’activité de sa journée, puisque la France le fait au cours de sa nuit naturelle, à 1h, heure du méridien 0, passant par la ligne Saumur-Pau…(ou bien qu’on fasse à l’envers). Même à l’intérieur d’un pays les changements d’heure peuvent poser des problèmes importants, du moins s’il s’agit d’un pays vaste comme la Chine, qui a abandonné les changements d’heure à cause du « chaos qu’ils introduisaient dans les horaires, surtout ceux des chemins de fer ». Il faut réaliser les problèmes que l’avancement de l’heure entraine pour les correspondances sur des longs trajets, puisque même en France, ou les trajets sont relativement courts, on constate des retards à l’arrivée des trains de nuit encore en service ; or, dans un pays vraiment vaste, les trains circulent beaucoup la nuit et desservent de nombreuses gares à la suite (comment rattraper un retard lors de l’avancement du printemps ?) (PJ n°7).

 

L’Association «Contre l’heure d’été » française a voulu inquiéter la Commission européenne sur ces questions planétaires. Mais la Commission s’est montrée « nombriliste » dans sa réponse: « Nous nous occupons de l’Europe et c’est déjà bien ».

Dans les bilans des secteurs « énergie », « environnement » et « accidents », nous noterons d’autres effets pervers sur les transports.

 

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Loisirs et Tourisme

 

Dans ce secteur aussi, on trouve un vague sentiment général au sujet des bienfaits qu’apporterait l’heure avancée d’été.

Mais aucune évaluation chiffrée officielle ne va dans ce sens.

En effet, le paragraphe final du chapitre «Loisirs et Tourisme » du dernier rapport d’expert pour la Commission européenne signale le manque d’une évaluation quantitative des conséquences de l’heure avancée d’été dans ce secteur (PJ n° 8).

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Pourtant, une évaluation quantitative a été réalisée par l’ACHED, avec comme conclusion un effet nul ou négatif dans ce domaine. Notre association est partie d’une évidence : L’heure avancée avantage uniquement les loisirs de plein air des personnes qui travaillent, et cela en jour ouvrable (en quittant le travail ces personnes disposent de davantage d’heures de lumière avant le coucher du soleil), alors qu’elle a des effets négatifs pour les loisirs de tous en jour non ouvrable, vacances et week-ends. Actuellement, la période « été » couvre environ 214 jours:  7 mois, dont 4 mois de 31 jours, (en comptant la fin mars et pas la fin octobre), bien que cela peut varier selon les dates de  début et fin de période, qui sont les derniers dimanches de mars et d’octobre ; disons 30 semaines, pour simplifier. Les jours à effet défavorable représenteront à peu près 4 semaines complètes (les vacances estivales) et 26 week-ends en plus (en dehors des vacances), soient 28+52 jours = 80 jours, nombre inférieur à celui des jours ouvrables (134 jours)… Mais pendant quatre semaines situées autour du solstice d’été (entre le 9 juin et le 6 juillet), les heures avancées n’apportent pas d’avantages, puisque les jours sont naturellement très longs. Cela fait 20 jours ouvrables sans avantage (généralement hors période de vacances) à ajouter aux 80 jours à effets négatifs, soit 100 au total, contre 114 estimés « favorables ».

Si on tient compte du fait que c’est l’ensemble de la population qui est affectée par les effets pervers, enfants, jeunes, adultes et seniors, ce qui équivaut à peu près au double de la population au travail, on peut conclure à un effet globalement négatif, ou du moins nul, de l’heure d’été sur les loisirs.

 

Expliquons les diverses sortes d’effets pervers des heures avancées vis-à-vis des loisirs :      

- nécessité de récupérer en week-end le sommeil perdu en semaine, donc lever plus tardif et diminution du temps de loisir disponible le matin.

- le pic de chaleur de 14h solaires est retardé par rapport à l’heure légale (en France il passe de 15H à 16h), entraînant un retard des sorties de loisir ou des visites touristiques l’après-midi, alors que ces équipements  ferment plus tôt par rapport au soleil, puisque, sauf exception, ils ne varient pas leur fermeture par rapport à l’heure légale.

- la difficulté de s’incorporer dans des sorties organisées (de divertissement, de découvertes, ou bien sportives) qui partent en tout début d’après-midi légal.

- pour ceux qui sortent quand même en début d’après-midi légal, il y a la chaleur à supporter toute la deuxième demi-journée autour de ce maximum de 16h légales, et des rayons UV encore intenses entre 14h et 16h légales.

On a oublié que la « pause de midi » traditionnelle avait autrefois la vertu d’interrompre le travail entre les environs du maximum de lumière et du maximum de chaleur, quand on utilisait l’heure solaire ou sa voisine, l’heure du fuseau horaire géographique…

- les feux d’artifice commencent assez tard (ou bien ils sont annoncés moins tard mais leur début est en fait retardé). Les familles se lassent d’attendre (quand elles n’ont pas renoncé d’avance à se déplacer tard) ou bien les feux commencent avant l’obscurité complète, qui seule les rend vraiment beaux (1).

 

Les professionnels de l’Hôtellerie, de la Restauration, ainsi que les Cafetiers, Discothèques  et autres activités liées au Tourisme et aux  Loisirs n’apprécient  pas l’heure d’été, qui entraine des difficultés et des surcoûts pour leur travail. Ils ont envoyé une lettre pour le rapport du député M. F.M. GONNOT en présentant leur préférence pour l’heure UTC+1 « fixe » (PJ n°9)

Le rapport de Mme Ségolène ROYAL au ministre de l’Industrie, M FAUROUX relativise beaucoup  les prétendus avantages de l’heure d’été  vis-à-vis des loisirs : voir extrait joint (PJ n°9bis)

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(1) – Un problème important concernant les jeunes est le suivant : Puisqu’ils ne conçoivent pas les loisirs de nuit avant la nuit, ils sortent de chez eux seulement lorsque l’obscurité règne, d’où un retour encore plus tardif. Il en résulte beaucoup de fatigue et des difficultés pour se lever tôt – ou pas trop tard – le lendemain. Mauvais aussi : Les jeunes qui traînent et s’ennuient sont davantage enclins à la violence ou à la délinquance.

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Energie

 

A l’origine de l’utilisation de l’heure d’été, le secteur a été présenté comme gagnant. Rapidement, des études européennes ont montré le contraire, et par la suite, d’autres études faites ailleurs sont allées dans le même sens.

 

Actuellement, en France, l’ADEME s’efforce de trouver des avantages énergétiques à l’heure d’été, en allant jusqu’à prétendre qu’elle fait économiser du chauffage dans l’habitat, ce qui fait de ses publications une exception mondiale.

 

Des lampes économes existaient déjà quand la décision relative à l’heure d’été fût prise en 1975. On aurait pu à l’époque annoncer que les économies d’éclairage liées à l’heure avancée (1 h de consommation par jour de la période « été » au maximum) devraient s’effondrer avec l’utilisation de ces lampes peu consommatrices ; mais puisque aucune réflexion n’a accompagné la décision…L’ACHED a expliqué l’enjeu, mais l’Administration s’est arrangée pour étouffer sa voix. La Commission européenne s’est référée à la question sans lui donner d’importance.

 

DOMAINE DE L’ÉCLAIRAGE: Les études, dans leur ensemble, admettent que l’heure d’été entraîne certaines économies d’éclairage, mais seule l’ACHED a expliqué très tôt (dès 1989) que ce type d’économie diminue avec l’utilisation des lampes performantes. L’ADEME est finalement venue à admettre une telle évidence, avec 18 ans de retard (en 2007, dans un rapport européen). Cependant, l’effet de l’efficacité énergétique des lampes reste minoré dans les études qu’elle présente, comme il sera expliqué par la suite.

 

Les premières évaluations officielles des économies d’éclairage en France étaient de 1300 Gwh, qui pour l’ADEME valaient 300.000 Tep, car elle utilisait la correspondance 1Gwh = 222 Tep (Tep signifie Tonne d’Equivalent Pétrole). Plus tard, ce furent des évaluations plus modestes : Ainsi celle de 400 Gwh qui apparait, pour la première année d’application, dans le rapport de la Députée Mme Ségolène ROYAL. Pour l’année 1988, Mme la députée rend compte de la dernière évaluation de EDF : 690 Gwh (PJ n° 9 ter).

Le rapport de Mme ROYAL rappelle aussi le diagnostic du rapport de 1989 de la Commission européenne, qui estime « infime » et « même pas établi avec certitude » le solde énergétique de l’impact de l’heure d’été (voir encore la PJ n° 9 ter).

 

L’Institut de recherches sur l’Energie de Munich a estimé à 576 Gwh l’économie d’électricité réalisée en Allemagne (RFA, étude de BOUILLON) pour la première année d’application de l’heure avancée d’été, en 1980, dans un pays dont la population, le niveau de vie et la latitude étaient très proches des nôtres à l’époque (PJ n°10).

 

SURCONSOMMATIONS D’ÉNERGIE INDUITES PAR L’HEURE D’ÉTÉ   

Les études françaises ont ignoré toute surconsommation jusqu’à une époque récente. Par contre la RFA a très tôt évalué à 342 Gwh la surconsommation due au CHAUFFAGE entraînée par l’heure d’été, surconsommation qu’elle situe dans les semaines de transition du début de printemps et de la fin de l’été (à cette époque, le début de l’automne se situait quelques jours seulement avant le retour à l’heure d’hiver). (Voir encore la PJ n°10).

De son côté, l’Université libre de Bruxelles (étude de W. HECK) a évalué à 22.000 Tep les surconsommations d’énergie d’origine fossile liées au supplément de TRAFIC causé le soir par le régime « heure d’été ». Ce supplément de trafic est indéniable puisque l’heure d’été est...

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...censée augmenter les possibilités de loisirs le soir (possibilités d’autant plus probables pour les familles aisées qui se rendront à des installations privées, les installations publiques fermant assez tôt en général). A la même époque, en Belgique, les économies d’éclairage liées à l’heure d’été étaient estimées à 32.000 Tep. Ces surconsommations (chauffage, trafic) se produisent certainement dans d’autres pays de l’UE. Ce sont les 3 cinquièmes des économies d’éclairage, et seulement pour les surconsommations de chauffage (PJ n°11).

Pour les surconsommations de carburant, on peut penser qu’elles représentent les 2 tiers des économies d’éclairage. Ce qui voudrait dire que dans leur ensemble 3/5E + 2/3E= 19/15E soit 1,26 E, E étant l’économie d’éclairage, les surconsommations dépassent nettement l’économie.

 

Des surconsommations de CLIMATISATION ont été mesurées, en même temps que celles de chauffage, par KOTCHEN & GRANT, dans leur étude concernant une partie de l’Etat d’Indiana (USA). Cette partie de l’Indiana venait d’introduire pour la première fois l’heure d’été, tandis que l’autre moitié pratiquait déjà le système (ainsi sa consommation d’électricité a servi de témoin). D’après les résultats de ces chercheurs, l’heure d’été a entraîné une surconsommation de 1% de l’électricité domestique… Et Ils n’ont pas mesuré l’impact sur la climatisation du tertiaire (PJ n°12) ni sur la consommation des véhicules.

- Un tableau réalisé par YU FOONG CHONG & al pour un document de l’Université de Cambridge (RU) montre que parmi les études de divers pays réalisées dans les 15 dernières années (dont celle de KOTCHEN), le nombre de celles indiquant une surconsommation globale d’électricité par l’effet de l’heure avancée d’été est supérieur à celui des études estimant une économie globale (4 contre 2), auxquelles s’ajoutent 2 études concluant à une absence d’effet (PJ n°13). Aucune de ces études ne prend en compte les effets sur la circulation des véhicules.

- D’autres surconsommations évidentes, mais pas encore mesurées, ou ignorées par l’ADEME, comme l’ETALEMENT DES REPAS en raison des différentes situations des membres d’une même famille, en particulier des familles d’agriculteurs qui restent aux champs très tard (afin de compenser le retard apparent de la disparition de la rosée du matin). Ainsi les plaques chauffantes ou les fours sont remis en fonction pour un deuxième repas.

Important : la surconsommation de la climatisation des véhicules privés ou publics.

 

EN RESUMÉ: Au vu des différents études réalisés dans l’ensemble des pays  utilisant l’heure avancée d’été, les surconsommations (pour le chauffage et le trafic) dépassent certainement les économies d’éclairage au moins dans les pays développés (économies correspondantes à un parc de lampes incandescentes classiques). Dans le cas des pays à niveau de vie modeste ou faible, généralement situés dans des zones à climat plus chaud en période « été » (2), les surconsommations dues au trafic et à la climatisation sont surement moins fortes, mais il en est de même pour les économies d’éclairage et ceci pour deux raisons :

- la durée du jour en période « été » reste assez proche de la durée de la nuit naturelle

- l’utilisation très répandue depuis longtemps de tubes fluorescents qui consomment cinq fois moins que les lampes à incandescence (et donc économisent cinq fois moins quand ils ne sont pas allumés).

 

Pratiquement toutes les études référencées ont été réalisées dans des situations où le PARC DE L’ECLAIRAGE est majoritairement composé de lampes incandescentes classiques, dont la fabrication est maintenant interdite à l’intérieur de l’UE. Et il est sûr que ces lampes seront abandonnées dans l’ensemble des pays du monde, étant donné la montée du prix des énergies primaires. Depuis l’automne 2012, la fabrication de tous les modèles de lampes incandescentes classiques est interdite dans toute l’UE. Il est légitime de conclure que le bilan énergétique global de l’heure d’été sera de plus en plus négatif dans le monde, par un dépassement _____________________________________________________________________________________(2) - Note : Peu de ces pays ont accepté l’heure d’été, très pénible pour leurs travailleurs (exemple le Queensland en Australie, où les travaux agricoles ont justifié l’abandon du système)

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important des surconsommations d’énergie face aux économies déclinantes. En effet, même si les technologies de chauffage et de motorisation des véhicules progressent, elles n’ont pas bénéficié d’une révolution technologique comparable à celle des lampes d’éclairage.

 

Un autre aspect de la question est très valorisé par l’ADEME : il s’agit de l’effet de l’avancement de l’heure sur le pic de consommation électrique du soir, lequel se situe régulièrement autour de 19h, heure légale. L’ADEME prétend qu’il y a un effet de réduction d’un Gwh du pic de consommation du soir, lié à l’heure d’été ; mais l’étude de « Energies demain » présenté par l’ADEME contient seulement un graphique relatif à la question, pas clair et point concluant.

Pour cet impact il faut aussi tenir présent que son importance sera très diminuée (divisée par cinq, dans un avenir proche), par l’utilisation par les usagers de lampes efficaces, consommant moins d’électricité pour une heure de fonctionnement (pour les fluo-compactes, et les LED aussi, seulement 20% de la consommation des lampes incandescentes classiques fournissant le même éclairage) (3).

Cet effet sur le pic de consommation ne dure pas toute la période « été » : car le rallongement naturel des jours entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été fait que l’heure de lumière retardée par l’heure avancée (la dernière) est de plus en plus tardive (ensuite, elle « remonte », entre ce solstice et l’équinoxe d’automne). Les tableaux joints, réalisés par l’ACHED, montrent que cet effet se limite à deux mois de la période « été ». Quant à la première heure d’avance, elle a un effet plus important (voir nos explications sur nos tableaux et sur l’étude de « Energies demain » (PJ n° 14 ter).

 

L’ACHED opine que les consommateurs doivent être davantage éduqués pour une meilleure utilisation de leurs appareils électriques, en étalant leurs temps de fonctionnement. Il faut aussi leur suggérer de ne pas trop utiliser les fours électriques le soir (le samedi ou le dimanche midi serait préférable), de « précuire » dans la mesure du possible, de faire souvent la cuisine à la poêle ou au wok (cuisson rapide…), de finir les cuissons des aliments avec des plaques électriques éteintes, en mettant à profit leur inertie thermique…et de dégeler au moins partiellement les surgelés quelques heures à l’avance (il faut le faire dans le frigo, qui récupère ainsi les frigories des surgelés).

NB. Lors d’une réunion sur le thème de l’énergie, y a une vingtaine d’années, la présidente de l’ACHED avait suggéré de dégeler les surgelés avant cuisson, ce qui fut estimé négligeable. Ce mois de novembre 2012, le journal « Ouest – France »  le propose… Peut-être que dans vingt ans on estimera mieux nos appréciations sur les heures avancées ?

 

Pour finir, voici un effet pervers très vraisemblable de l’heure avancée d’été : C’est…  

…LE DETOURNEMENT DES USAGERS DES SOLUTIONS ÉCOLOGIQUES DES TRANSPORTS, transports collectifs, covoiturage, bicyclette, marche à pied… Explication : la fatigue entraînée par le lever trop matinal et le retard fréquent des départs vers le travail ou l’école, ou du moins la difficulté de se lever et de partir encore plus tôt par rapport à l’heure légale (pour se rendre à la gare ou attendre l’autobus scolaire), font céder à la facilité des déplacements en voiture personnelle. La France est l’un des pays où le taux d’occupation des véhicules particuliers est parmi les plus faibles.

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(3) – L’effet de l’avancement de l’heure ne dure pas toute le période « été », puisque l’heure de lumière repoussée vers le soir est de plus en plus tardive, de 21h à 22h autour du solstice d’été, de 20h30 à 21h30 un mois avant. Dès la fin mars, le soleil se couche après 20h légales en région parisienne L’effet de la 2ème heure d’avance a lieu entre 19h et 20h (effet d’économie, puisque les familles allument normalement l’éclairage environ 30 mn avant le coucher du soleil). Dans ce sens, l’effet de la première heure d’avance est plus intéressant que celui de la deuxième (l’actuelle « heure d’été »). A la fin avril, la 2ème heure d’avance apporte de la clarté après 20h, quand le pic de consommation est passé.

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Une autre question importante : Le Ministère de l’Industrie et l’ADEME ont généralement utilisé le FACTEUR 222 pour traduire le Gwh d’électricité économisée sur l’éclairage par le biais de l’heure avancée d’été. C’est ainsi que les 1.300 Gwh annoncés au départ donnaient le célèbre chiffre de 300.000 Tep.

Mais si les économies ont  été obtenues sur l’électricité nucléaire, c’est un autre facteur, plus bas, qui doit être utilisé, celui de 86. En effet, le facteur 222 est utilisé seulement dans la supposition que l’électricité économisée viendrait de la combustion du pétrole, avec un rendement typique d’environ 0,40. Les 300.000 Tep deviennent à peine plus de 115.000.

 

LA DERNIERE ÉTUDE ÉFFECTUÉE POUR  L’ADEME par la société « Énergies demain » est très critiquable. Expliquons d’abord que cette étude n’a pas été effectuée par mesure des consommations économisées ou ajoutées : Ses résultats ont été obtenus par modélisation, c’est-à-dire en utilisant une représentation mathématique de la réalité.

Or, les modèles mathématiques doivent être « validés », par comparaison des résultats correspondant à certains paramètres avec des résultats mesurés directement. Une fois validé, on peut se servir du modèle pour d’autres données ; mais malgré la validation du modèle, les résultats d’une modélisation comportent souvent une marge importante d’erreur (l’étude relativement récente de KOTCHEN & GRANT, par contre, a été réalisée par mesures sur le terrain).

L’étude de « Energies Demain » est relativement modeste quand il s’agit évaluer les économies d’éclairage : 440 Gwh (en 2009) entre résidentiel (321 Gwh) et tertiaire (119 Gwh). Mais pour l’année 2030, elle annonce encore 340 Gwh d’économies d’éclairage, soit seulement 100 Gwh de moins 21 ans après 2009. Pourtant, l’ADEME assure que l’utilisation des lampes efficaces a bien été prise en compte. Elle suppose peut-être que les lampes à incandescence classiques – déjà interdites à la vente - seront remplacées par d’autres lampes à incandescence à peine plus efficaces et déjà mises sur le marché, des halogènes celles-là, consommant seulement 25% de moins que les incandescentes classiques pour un même éclairage.

Bien sûr, l’ADEME n’explique pas cette ruse ; mais elle apparaît clairement quand elle donne les prévisions des économies d’éclairage liées à l’heure d’été en 2030 : nous avons rapporté leurs prévisions (voir plus haut) : Elles seraient de 340 Gwh contre 440 Gwh en 2009, soit d’à peine 25% moins importantes.

Cependant, il est indéniable que la plupart des usagers préfèreront remplacer leurs incandescentes par des LEDS (diodes électro-luminescentes) ou des fluocompactes qui maintenant peuvent avoir la même forme arrondie. Puisque le coût de l’électricité va augmenter fortement dans les prochaines années, les consommateurs préféreront des lampes vraiment économes et les économies liées à l’heure d’été diminueront d’autant.

Ces lampes contiennent un peu de mercure ; il faut donc les recycler, comme les appareils de téléphonie mobile, lesquels contiennent des composés dangereux ou rares.

De plus, d’après des expertises de la commission européenne, les lampes fluo-compactes évitent le rejet dans l’environnement de mercure (et autres polluants), en quantité plus importante que le mercure qu’elles contiennent, en raison de leur faible consommation d’énergie, ceci si on prend en compte toute la durée de leur vie : Car les combustibles utilisés pour la production d’électricité contiennent des éléments polluants, lesquels sont libérées pour la production d’ électricité, qui est toujours une énergie secondaire.

Si l’on en croit le bilan de « Energies Demain – ADEME », il n’y aurait pas d’utilisateurs de LEDS ni de lampes fluocompactes en 2030, quand toutes les anciennes incandescentes seraient grillées, mais seulement l’autre type de lampes incandescentes qui se diffuse, des halogènes « new-look » bien moins économes que les fluocompactes (seulement 25% de réduction de la consommation, contre 80% pour les fluocompactes, par rapport aux incandescentes traditionnelles)…alors que les consommateurs ont intérêt à alléger leurs factures de consommation !

- A côté de ces économies d’éclairage, l’ADEME annonce  des économies de climatisation de 169 Gwh dans le tertiaire, à  cause des matinées plus fraîches.  Si on la croit, il faut admettre que, inversement, le résidentiel consomme davantage pour le refroidissement (soirées plus chaudes) quand leurs habitants y sont et essayent de dormir. L’ADEME donne un chiffre de 124 Gwh pour ces surconsommations, soit un gain faible pour la climatisation globale des bâtiments (45 Gwh).

 - Concernant le chauffage, l’ADEME prétend que celui du résidentiel diminue avec l’heure avancée d’été, et ceci de manière importante, 121 Gwh ! Alors que dans tous les autres pays ayant fait des études, on note des importantes surconsommations de chauffage (+ 8% au Royaume-Uni d’après l’Institut ADAS…). Des surconsommations de chauffage se produiraient cependant dans le tertiaire selon le rapport ADEME, bien que faibles (36 Gwh).

Cette nouvelle étude faite pour l’ADEME contredit le résultat d’un étude précédente que la société « Tribu énergie » avait réalisée pour le même organisme : Cette autre étude, présentée dans le rapport de 2007 de la Commission européenne, attribuait un montant de 14 Gwh aux surconsommations de chauffage entrainées par l’heure avancée d’été…soit 20 fois moins que le montant évalué en 1981 par l’étude allemande de BOUILLON !

 

Comment se fait-il que 2 études ADEME (2007 et 2009) donnent des résultats si différents en chiffres et allant dans des sens opposés ? S’est-on servi du même modèle dans les deux cas, ou bien d’un modèle différent? C’est aussi par modélisation que BOUILLON  a obtenu 342 Gwh de surconsommations de chauffage comme effet de l’heure d’été en 1980 en RFA.

En résumé, pour l’ADEME on aurait en 2030 le bilan suivant: 45 Gwh d’économies de climatisation (169 moins 124) et 85 Gwh d’économies de chauffage (121 moins 36), s’ajoutant aux  340 Gwh d’économies d’éclairage pour faire 470 Gwh au total (PJ n° 14 - des extraits de l’étude de « Energies demain » et dans PJ n°14 bis des tableaux élaborés par l’ACHED concernant l’effet de la 1ère et de la 2ème heures d’avance sur le pic de consommation de 19h).

 

Il y a beaucoup d’invraisemblances dans ce bilan prévisionnel « Energies Demain – ADEME »…

En résumé : Les économies de chauffage ne sont pas admissibles, au vu des autres études. Celles de climatisation (uniquement signalées par l’ADEME) ne devraient pas, dans le meilleur des cas, dépasser les surconsommations de chauffage, surconsommations évaluées partout ailleurs.  Les économies d’éclairage sont sûrement compensées par les surconsommations pour le trafic (surcroît et climatisation accrue). Bref, bilan nul actuel, négatif dans le futur, par l’effet des lampas économes.

BILAN AU VU DES AUTRES TRAVAUX DE PAR LE MONDE. Si on tient compte des surconsommations de chauffage (étude BOUILLON et autres), de celles pour le trafic accru (HECQ) et de celles pour la climatisation des habitations (KOTCHEN ET GRANT), le solde est sûrement déjà négatif. Il le sera davantage dans l’avenir, car les économies d’éclairage iront en diminuant. Les économies de climatisation dans le tertiaire (ADEME) s’opposent aux dépenses très vraisemblables de la climatisation des véhicules (que l’ACHED a demandé à la Commission de l’UE d’évaluer), lesquels circulent à des heures plus chaudes lors du « rush » du soir, l’inverse le matin n’entrainant pas une économie, car de toutes manières alors il ne fait pas assez chaud.

 Question incontournable : Quel est l’effet de 1ère heure d’avance de notre actuelle heure légale ? L’ADEME n’en parle pas et semble l’ignorer. Mais puisque la France vante le système  « heure d’été simple » auprès d’autres états, l’ADEME ne pourrait pas nier que, même sans changement, il y a un effet énergétique de la 1ère heure d’avance, affectant toute l’année, (4). L’Allemagne a étudié les effets de son « heure d’été simple », comme nous l’avons déjà dit: elle a évalué, au début des années 80, une économie d’éclairage de 576 Gwh, à l’époque où les lampes économes étaient peu diffusées

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(4) – Déjà en 1916, lors du 1er débat sur l’avancement de l’heure en période « été », le principal avantage avancé était l’économie d’éclairage pour cette heure d’été « simple » (Voir la PJ n°14 ter)

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Certainement l’effet sur l’éclairage de l’avancement global de l’heure légale française en période « été » est environ le double que celui de la deuxième heure. Les surconsommations entrainées sont aussi doubles, comme la RFA avait calculé pour le chauffage dans l’étude BOUILLON (voir l’une des pages de l’extrait de son étude, jointe à ce rapport). Si le système actuel est maintenu en France nous aurons un solde vraiment très négatif en 2030.

Néanmoins on doit apprécier une certaine prudence de la part de l’ADEME, quand elle admet que la combinaison de certaines incertitudes pourrait amener à des évolutions vers un impact globalement négatif de l’heure d’été, que ce soit en termes de consommations énergétiques ou d’émissions de CO2.

 

Voyons maintenant les secteurs où se trouvent les « effets pervers » des changements d’heure et des heures avancées : santé, accidents, travail, environnement, prévisions météorologiques et quelques autres.

 

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Santé

L’effet principal des changements d’heure sur la santé concerne le sommeil, mais il n’est pas le seul, loin de là. Les rythmes alimentaires sont aussi affectés, ainsi que la fréquence des accidents cardiovasculaires et diverses, l’exposition aux rayons UV les plus intenses de la journée et encore d’autres effets.

Beaucoup de médecins admettent ces effets, mais plusieurs chronobiologistes écoutés des médias nient les impacts de l’heure d’été sur le sommeil ; quant aux autres conséquences, ils ne s’y référent jamais.

Ces chronobiologistes confondent les changements de l’heure légale avec des déplacements vers un fuseau horaire proche voisin. De plus, ils évitent de parler de la mélatonine, l’hormone du sommeil, qui est bloquée par la lumière. Ils méconnaissent les travaux de beaucoup de spécialistes de divers pays de l’Europe et du monde qui donnent tous raison à l’ACHED.    

 

Les études d’opinion donnent aussi raison à l’ACHED.

L’Association a commandé en 1987 un sondage à la société BVA : C’est la seule étude d’opinion connue en France qui a comporté des questions dites « ouvertes », auxquelles la personne interrogée peut répondre comme bon lui semble, sans rester enfermée dans un choix préétabli.  

 

Les réponses les plus nombreuses à la question « pourquoi êtes-vous contre l’heure d’été » sont extrêmement intéressantes :

 - 18 % : « l ’heure d’été fatigue ; on dort moins bien ».

 - 11 % : « elle perturbe les enfants, leur rythme scolaire ».

A l‘époque, le débat sur la question des heures avancées était quasi inexistant et le français moyen s’en inquiétait peu. On peut ainsi admettre que si ce sondage avait lieu aujourd’hui, davantage de personnes mettraient en relation l’heure d’été avec la fatigue des jours ouvrables et ces rythmes scolaires pour lesquels on n’en finit pas de trouver une bonne formule.

Concernant la fatigue, il faut noter que les tranches de population les plus affectées ne sont pas celles des seniors mais celles des jeunes adultes : pour les 25-34 ans et les 35-49 ans le pourcentage des réponses « ça fatigue » est de 21% (soit environ le 5ème des 25-50 ans,  adultes déjà formés et actifs). Il s’agit sans doute pour la plupart d’entre eux de jeunes parents qui cumulent des soins aux enfants et des transports scolaires tôt le matin avant de se rendre au travail (PJ n°15).

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Ces réponses ne sont pas issues de l’imagination des sondés: elles constituent la vérification d’un fait physiologique, la dépendance du déclenchement du sommeil vis-à-vis du niveau dans le sang de l’hormone du sommeil, la mélatonine.

Les niveaux de cette  hormone sont difficiles à mesurer car très faibles, et de ce fait son rôle n’a été étudié qu’assez récemment.

La sécrétion de la mélatonine est bloquée par la lumière, surtout par la lumière du soleil,  beaucoup plus intense que la plupart des sources artificielles. Si cette sécrétion commence quand la lumière naturelle décline, il faut deux heures en moyenne pour qu’elle atteigne dans le sang le niveau nécessaire pour déclencher le sommeil.

Dans le graphique joint on peut constater que cela arrive vers 22h30 : il s’agit évidemment le l’heure naturelle, qu’on peut ici assimiler à l’heure du fuseau du pays considéré, puisqu’elle diffère de 30mn au maximum de l’heure solaire moyenne : soit 24h30 (PJ n° 16). (Note: la longueur des jours n’est pas exactement de 24h, mais un peu différente, ce qui fait que les pays ont adopté une heure solaire « moyenne », liée à l’heure solaire vraie – celle des cadrans solaires -- par l’équation dite « du temps »).

On recommande souvent de s’exposer au soleil afin d’augmenter la sécrétion de la mélatonine (avec des précautions vis-à-vis des rayons UV plus dangereux autour du midi solaire). Mais ceci constitue une préparation de la sécrétion de l’hormone, qui restera bloquée jusqu’au déclin de la lumière naturelle.

 

L’ACHED a été critiquée parce qu’elle a déclaré que l’heure avancée perturbait la sécrétion de la mélatonine. Pourtant les choses se passent de manière que l’heure avancée raccourcit la sécrétion de cette hormone  le matin, voici comment :

- Le soir, l’obscurité arrive plus tard ce qui retarde la sécrétion de l’hormone, comme nous l’avons dit ; ainsi il y a une heure de moins entre le moment où elle commence à être secrétée et le lever des familles, qui a lieu en moyenne vers 6h30, heure légale (à peu près 4h30, heure solaire moyenne). A ce moment débute l’exposition à la lumière, puisqu’on ouvre les volets et que, pour les quatre mois de mai, juin, juillet et août, le soleil est déjà levé : la sécrétion de la mélatonine est interrompue.

D’après la courbe que nous joignons à ce rapport, les niveaux de mélatonine dans le sang peuvent rester importants dans l’intervalle 5-6 h, heure solaire moyenne (soit 7-8 h, heure légale française d’été). Pendant la saison d’été, l’hormone a continué à être sécrétée même après le lever du soleil, pourvu que la chambre du dormeur soit pourvue de volets ou de stores efficaces… et que le sujet ne soit pas obligé de la quitter pour prendre son petit déjeuner et partir au travail ou à l’école, collège ou autre centre d’études. Ceci ne concerne pas les retraités qui peuvent rester chez eux et se lever plus tard.

Or, la mélatonine est une hormone  importante pour l’organisme : elle a d’autre rôles en plus  du celui concernant le sommeil. De bons niveaux de mélatonine favorisent la bonne santé en général.

La différence entre « heure d’été » et voyage à un fuseau proche a été toujours expliquée par l’ACHED, mais aussi par plusieurs scientifiques européens, ainsi MONK & FOLKARD (Royaume Uni), et l’équipe de SCHMIDT (Allemagne). Les deux équipes ont été surprises en étudiant les effets de l’heure avancée d’été sur des sujets, car les effets sur le sommeil étaient plus importants que ceux  d’un voyage transméridien à un fuseau proche situé à l’est (PJ n°  17 et 17 bis).

 

Ces scientifiques ont alors réalisé et expliqué la différence :

- Lors d’un voyage à un autre fuseau géographique les donneurs de temps naturels (en particulier l’arrivée du midi solaire) changent en même temps que la variation de l’heure légale, ce qui aide l’organisme à d’adapter à la nouvelle heure.

- Dans une situation d’avancement de l’heure légale « in situ » la simultanéité des variations des donneurs de temps naturels et légaux n’a pas lieu.

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Concrètement, quand on se déplace à un fuseau horaire situé à l’est, la nuit arrive plus tôt (en supposant que la variation de latitude ne soit pas grande): la sécrétion de la mélatonine commence plus tôt et aide l’organisme à avancer sa période de sommeil.

 

En France on a pris l’habitude malheureuse de désigner les voyages transméridiens et les avancements (ou retards de l’heure) par une même expression, celle de « décalage horaire », qui n’est pas appropriée pour l’heure d’été et contribue à maintenir l’équivoque.

La confusion entre « heure avancée d’été » et « décalage entrainé par un voyage » apparait clairement quand on lit des déclarations telles que :

- « il faut au moins trois à quatre heures de décalage pour qu’il y ait problème »

- « il faut un décalage d’au moins six heures pour qu’il y ait problème » (Pr. Alain REINBERG)

- « seul un décalage d’au moins cinq heures peut modifier la structure temporelle de l’organisme » (lettre signée par M. Claude EVIN, ancien ministre de la santé – PJ n°18). Si l’on croyait que cette dernière affirmation est applicable aux avancements de l’heure, il faudrait admettre qu’une avance de 4h30 de l’heure légale (par rapport à l’heure du fuseau) ne poserait pas de problème, alors que :

- Le soleil se lèverait  alors à 10h30 - heure légale - au début du printemps.

- Le minimum de température aurait lieu à 11h30.

- Midi solaire arriverait seulement à 16h30, heure légale.

- Le maximum de température serait situé vers 18h30 (fin du diner dans les maisons de retraite et les hôpitaux…).

- Le soleil se coucherait à 22h30 dès les premiers jours du printemps.

- …Et les choses seraient encore pire à l’époque du solstice d’été.

Attention, dans les régions ouest de la France nous sommes à mi-chemin entre une situation qui devrait être « normale » (heure légale = heure du fuseau géographique) et la situation qui vient d’être présentée !

Le Dr. REINBERG s’est servi de la confusion entre « décalage horaire » et « heure d’été » pour se référer, dans un article de la revue « La Recherche » aux travaux des scientifiques allemands GUNDEL et WEGMAN à l’appui de ses positions (sans citer leur publication en question) ,ce qui a été repris par l’Académie de Médecine. Or, GUNDEL a répondu à une lettre de l’ACHED en déclarant qu’il n’avait pas travaillé sur l’heure d’été ! ) (PJ n°18 bis et n°18 ter).

 

La déclaration récente d’un spécialiste du sommeil très connu (Le Monde, 28 octobre 2012) montre que les problèmes liés à l’heure, ainsi que la question de l’heure elle-même, sont mal connues des professionnels qui devraient le mieux les comprendre : Le retour à l’heure d’hiver « VU DU SOLEIL, c’est comme si toute la population se déplaçait géographiquement vers l’ouest », aurait dit ce chef d’un centre du sommeil.

Or, notre position par rapport au soleil ne change pas ni avec le passage à l’heure d’hiver, ni lors du passage à l’heure d’été. De plus, pour quelqu’un qui se déplace réellement vers l’ouest, le soleil se lève plus tard ; or, après le passage à l’heure d’hiver en France, le soleil se lève apparemment plus tôt, puisqu’il se lève avant par rapport à l’heure légale de la période « hiver », qui est retardée pendant la nuit. En réalité le soleil se lève, comme toujours, près de  24h après le lever précédent (24h en moyenne); un peu plus tard en raison de la saison d’automne, au cours de laquelle les jours raccourcissent de quelques minutes chaque jour.

L’avancement des heures d’hiver dans les pays qui n’utilisent pas l’heure de leur fuseau constitue aussi une entrave pour les études en chronobiologie : Ainsi le voyageur qui se rend de Pau à Berlin franchira un fuseau horaire sans variation d’heure légale (puisque la France utilise en « hiver » l’heure du méridien de référence du fuseau -1, celui de l’Allemagne, qui passe près de Berlin). Le soleil se couchant plus tôt à Berlin qu’à Pau, il dormira plus facilement après ce type particulier de « décalage horaire ».

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En Allemagne, le Dr. ZULLEY, chronobiologiste à Regensbourg, s’est déclaré très sceptique au sujet de l’heure d’été, puisque un changement d’heure constitue une tension physique pour l’organisme. Il insista auprès du consultant « Research voor Beleid » sur l’augmentation du nombre d’accidents en raison des problèmes d’adaptation entrainés par les changements d’heure. Comme les sujets sont souvent malades au printemps et l’automne, le changement d’heure constitue un stress supplémentaire.

Récemment encore, une équipe allemande, organisée autour de ROENNEBERG, à Munich, a conclu que l’heure d’été ne faisait qu’empirer tous les problèmes de sommeil. Ces chercheurs ont étudié le réveil spontané en « jour libre » des allemands résidant à diverses longitudes à l’intérieur du pays : Ils ont constaté que ce réveil avait lieu plus tard,  en termes d’heure légale, dans les localités situées à l’ouest. Ceci apparaissant en corrélation très fine avec la longitude ouest, en suivant la progression naturelle du lever du soleil (PJ n°19).

 

En Russie, AGATOVA et al. se sont penchés sur un groupe de jeunes écoliers, dont ils ont mesuré divers paramètres physiologiques pendant plusieurs semaines (PJ n°19 bis). Voici leurs très intéressantes conclusions :

« En ce qui concerne le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été :

- après le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été, on constate une diminution de la constance de l’acrophase du rythme circadien de presque toutes les fonctions (avec répercussions sur l’aptitude au travail intellectuel) ;

- pour les fonctions «température» et «fréquence des contractions cardiaques» l’amplitude diminue et la période augmente ce qui est le symptôme d’une adaptation peu satisfaisante (qui serait due à un transfert du contrôle à un niveau plus élevé et à l’intervention des niveaux centraux dans l’activité des niveaux autonomes) ;

- une « désynchronose » a pu être mise en évidence car, d’un côté certaines fonctions gardent une période inchangée alors que d’autres (régulation thermique et contraction cardiaque) connaissent une augmentation de la période ;

- trois semaines après le changement presque tous les symptômes ont disparu (avec un pic d’excrétion de sodium qui confirme l’intervention des niveaux centraux).

L’heure d’été et la fatigue scolaire diminuent la capacité du système cardiovasculaire ; il faut donc renforcer le contrôle du régime des élèves lors de l’instauration de l’heure d’été et notamment veiller à ce qu’ils aillent se coucher à une heure convenable »

 

 Il faut signaler que beaucoup de spécialistes français comprennent bien la question des heures en général et le problème de l’heure d’été (hélas, ils sont moins connus des médias que certains autres). Citons M. MONTAGNER, spécialiste des rythmes scolaires, le Dr. LECERF (endocrinologue), le Dr. LOUBET (voir sa lettre en PJ n°19 ter) (ancien chef de service à l’Hôpital de Limoges), les docteurs COSTE (spécialiste du sommeil),  CUGY (chronobiologiste) et SCHWOB (psychiatre). Le Dr. SANDLER, pédiatre, fondateur de l’ACHE (devenue par la suite ACHED), fut le premier à expliquer la problématique de l’heure d’été.

Au début de l’été 2012, des chercheurs russes (de St-Petersbourg) ont fait des recommandations à leur gouvernement. Celui-ci avait décidé un an plus tôt d’abandonner les changements d’heure, en gardant l’heure avancée d’été toute l’année. Les spécialistes en question, au vu des conséquences néfastes sur la santé de l’avancement actuel de l’heure légale en Russie (deux heures toute l’année), recommandent l’adoption de l’heure du fuseau, ou du moins de l’heure dite « d’hiver » (en avance d’une heure par rapport au fuseau), sans changements.

Ces scientifiques russes signalent en particulier que, avec le nouveau système, le nombre  des crises cardiaques a augmenté de 75%, celui des déplacements de médecins à domicile de 12% et celui de crises de nerfs de 10% (PJ n°20).

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La fatigue est difficile à mesurer directement, mais elle peut trouver une évaluation par le chiffrage de certaines de ses conséquences, comme les accidents physiologiques ou physiques entrainés par cette fatigue. Pour cela il faut disposer des chiffres relatifs à une population considérable pendant un nombre important d’années.

 

C’est le cas de trois études relativement récentes, menées dans trois pays, et dont les auteurs ont mis en relation l’augmentation mesurée du nombre d’accidents avec la fatigue et la réduction du temps de sommeil entrainée par l’heure d’été (réduction mesurée dans l’une des études, celle de BARNES).

- En Suède, l’Institut KAROLINSKA a pris en compte les nombres d’accidents cardiaques dans tout le pays, lequel augmente de manière significative dans la semaine qui suit l’avancement de l’heure ; tandis que la diminution du nombre d’accidents après le retour de l’heure d’hiver n’est pas significative (chiffres relevés sur 20 ans) (PJ n°21) The New England Journal of Medicine – 359;18 – oktober 30, 2008.

- Aux Etats-Unis (Université du Michigan), BARNES a évalué l’augmentation des accidents du travail dans les mines de tout le pays, pendant une période de vingt ans. Son équipe a constaté que les accidents augmentaient en nombre et en gravité dans les jours suivant les avancements de l’heure : ces augmentations sont mises en relation avec une diminution mesurée de la durée du sommeil le jour du changement d’heure (diminution de 45mn) (PJ n°22). 

- Au Canada, plusieurs travaux de COREN ont mis en évidence l’augmentation du nombre d’accidents de la circulation, le soir, dans les jours qui suivent l’avancement de l’heure. COREN estime que si les accidents avaient augmenté le matin ils auraient pu être attribués à des vitesses plus importantes des véhicules dont les conducteurs s’étaient mis en retard en raison d’un lever tardif. Le fait que les accidents augmentent le soir permet d’attribuer leur cause à la fatigue (PJ n°23).

 

L’étude de BARNES est particulièrement intéressante : En effet, dans les mines, la luminosité de la journée ne change pas avec l’avancement de l’heure légale. Ainsi l’augmentation du nombre d’accidents du travail doit seulement être attribuée à la fatigue accrue par l’avancement de l’heure et constitue une preuve de l’effet néfaste de l’heure d’été sur l’organisme à travers la réduction du temps de sommeil.

Dans le cas des accidents de la circulation c’est un peu différent, car une partie des accidents en augmentation peut être une conséquence des moins bonnes conditions météorologiques du matin, surtout de la persistance des brouillards épais (persistance apparente, due en réalité au fait qu’on circule plus tôt). Cependant, les travaux de COREN montrent que l’augmentation la plus importante des accidents a lieu le soir, et donc ne correspond pas à la détérioration des conditions météorologiques (puisqu’avec l’heure avancée elles sont meilleures le soir), mais à une fatigue accrue.

On peut observer que si l’étude de BARNES concerne seulement le travail dans les mines il est tout-à-fait vraisemblable que les accidents augmentent aussi dans d’autres secteurs de travail dangereux (bâtiment, agriculture mécanisée et d’autres…) en raison de la fatigue que les travailleurs en général ressentent comme effet des changements d’heure (surtout des avancements de celle-ci).

 

DES CORRÉLATIONS INTÉRESSANTES

Les difficultés de sommeil conduisent très souvent à la consommation de produits destinés à favoriser son installation et son maintien.

- Parmi eux, certains sont des produits naturels (valériane, aubépine, houblon et plusieurs autres), qui n’ont pas d’effets pervers et n’induisent pas de dépendance. En France ils ne sont pas remboursés, ainsi le consommateur doit assumer tout leur coût.

- D’autres produits, notamment les benzodiazépines, entrainent de l’accoutumance (ils sont de moins en moins efficaces), de la dépendance (il devient de plus en plus difficile de s’en passer),...

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...de difficultés de sevrage et plusieurs autres graves effets pervers, comme des pertes de mémoire et d’attention, ce que peut entrainer des chutes…débouchant parfois sur l’installation en maison de retraite… Dans ces maisons de retraite l’administration de somnifères « durs » est souvent la règle, hélas, ce qui ne fait qu’aggraver l’état des personnes y séjournant, soit qu’elles prenaient déjà quelques somnifères, soit qu’elles commencent alors. Ces produits sont en partie remboursés par l’Assurance maladie, ce qui représente un coût pour la collectivité ; le consommateur paye directement une autre partie de son côté.

 

La France est l’un des pays du monde où l’on consomme le plus de somnifères, sinon le plus grand consommateur (les statistiques peuvent varier légèrement d’une année sur l’autre). Or, notre pays est aussi l’un des deux où l’heure légale est la plus avancée. De plus, à l’intérieur de la France, c’est la Bretagne qui en consomme le plus. Du fait de sa situation à l’ouest dans l’hexagone, c’est en Bretagne que l’heure se trouve le plus avancée par rapport au soleil.

 

Le rapport LEGRAIN sur la consommation de somnifères en France a apporté une observation très intéressante : Dans les années 80 c’est en France, en Espagne et en Belgique que la consommation régulière de tranquillisants (produits semblables, voire identiques aux somnifères) a augmenté, comparativement aux consommations des dix années précédentes. En Italie les consommations ont elles aussi augmenté, mais en restant beaucoup plus faibles que chez les trois pays cités. Ces derniers ont quelque chose en commun, l’avancement de deux heures de leur heure légale par rapport à l’heure du fuseau géographique qu’ils partagent, celui de Greenwich (PJ n° 24), avancement qui fut introduit à la lisière des années 70 et 80.

Dans les autres pays considérés, les consommations régulières de tranquillisants ont diminué dans la même décennie.

 

Très important: d’après des recherches récentes du Pr. BEGAUD, la consommation régulière de benzodiazépines (principaux somnifères et tranquillisants de synthèse) favoriserait l’installation de la maladie d’Alzheimer (PJ n°24 bis).

Un autre effet pervers du manque de sommeil : l’augmentation du risque d’avoir du diabète, d’après des travaux récents de BRADY (Université de Chicago, USA) (PJ n° 24 ter)

Pour la France, ces surconsommations constituent un problème extrêmement grave, qui s’ajoute à celui du déficit de sommeil en soi-même et la fatigue physique et mentale induite.

- d’une part, à cause des coûts pour les familles et pour la solidarité nationale: coûts d’achat et de remboursement des produits en question et coûts liés à ses effets pervers, tels que la baisse des capacités intellectuelles et les conséquences des chutes des seniors qui les consomment.

- d’autre part, parce qu’il y a souvent abus de faiblesse concernant ces seniors, qui se voient administrer des tranquillisants ou des somnifères quasi de force, sous prétexte que ces produits vont « les aider »…alors qu’ils sont de véritables drogues dures…qui vont ensuite entrainer en plus des effets de soumission. C’est moralement inadmissible, et pourtant cela continue…

 

HEURE AVANCÉE ET SUICIDE

L’ACHED a noté que, en France, les taux de suicide de différentes régions se trouvent en corrélation avec l’avancement de l’heure légale par rapport à l’heure solaire des régions en question. L’ACHED a présenté cette corrélation à Mme BOUTIN, pour son rapport de l’année 2003, accompagnée de cartes du suicide (hommes et femmes) (PJ n°25).

 

EFFETS DE L’HEURE D’ÉTÉ SUR LES RYTHMES ALIMENTAIRES ET SUR L’OBÉSITÉ.

Dans le monde scientifique, on sait bien aujourd’hui que le défaut de sommeil favorise l’obésité par ses effets sur l’hormone de l’appétit (dont il augmente le taux) et sur celles de la satiété (dont les taux diminuent). Ainsi, dans la mesure où l’heure d’été a des conséquences néfastes sur le sommeil, elle est donc préjudiciable à notre santé en favorisant l’obésité.

Dans le domaine de l’alimentation certaines choses sont évidentes :

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- le diner, servi vers 18h légales dans les hôpitaux et les maisons de retraite, quand il fait encore assez chaud en période « été », apparait sûrement peu appétissant à une bonne partie des personnes concernées : dans ce cas le système actuel peut induire un affaiblissement des seniors en « maison ».

- beaucoup d’enfants partent à l’école sans avoir pris leur petit déjeuner (l’ACHED a reçu des témoignages dans ce sens venant des enseignantes et des familles). Combien d’entre eux compensent le manque d’un petit déjeuner sain par la consommation de barres chocolatées à la récréation…grignotage qui les empêchera de bien déjeuner et conduira vers un goûter trop important… ?

- l’ACHED a reçu des nouvelles de personnes propices à la constipation, lesquelles se disent gênées par les changements d’heure…ce qui paraît tout-à-fait plausible.

 

CANCERS DE LA PEAU

L’heure avancée fait reculer (apparemment) les rayons UV les plus dangereux, ceux qui se situent autour de midi solaire « vrai ». Ainsi les rayons UV sont faibles dans la matinée légale, mais ils sont forts et dangereux dans l’après-midi légal.

Or, les familles sortent surtout dans l’après-midi et les sorties organisées ont lieu habituellement entre 14h et 18h légales (soit entre 12h et 16h, heure solaire moyenne).

Des études précises sue l’évaluation de l’impact de l’heure d’été dans ce domaine ont été réalisées seulement en Australie, confirmant cet effet néfaste. De plus, le raisonnement exposé plus haut s’appuie sur des évidences. Etant donné l’augmentation inquiétante des cancers de la peau relevée dans les dernières années, cette question devrait être considérée très attentivement. On sait que ce sont les rayons dangereux reçus pendant l’enfance et la jeunesse qui causent des cancers bien des années plus tard.

Notons qu’une avance d’une heure seulement permettrait aux familles de se rendre à la plage le matin sans grand danger vis-à-vis des UV et en bénéficiant à la fois d’une meilleure température pour la baignade : car l’intervalle 10h/12h légales correspondrait alors à 9h/11h heure solaire moyenne, tandis qu’à présent il correspond à 8h/10h, heure solaire moyenne (avec des différences selon la longitude de chaque région).

 

PRISONS

L’ACHED, qui comporte parmi ses adhérents des visiteurs des prisons, a pu s’informer des problèmes que l’heure avance d’été entraîne à l’égard de la vie quotidienne des reclus : lever très matinal, dîner servi très tôt, d’où les difficultés de sommeil. En conséquence, les relations entre prisonniers et avec les gardiens sont plus difficiles. Les captifs se font administrer des somnifères qui augmentent les désordres psychologiques. Les suicides en prison mettent la France en tête du classement  mondial. 

 

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Accidents

Dans le secteur « santé » nous avons présenté des études relatives aux  accidents du travail et aux accidents de la circulation. Sur cette dernière question plusieurs travaux existent depuis le début d’application de la mesure dans l’UE.

- A notre connaissance, la première étude concernant l’effet de l’heure d’été sur les accidents de la circulation a été effectuée par le Service fédéral de la circulation routière, dans l’ancienne RFA, dans l’année suivant l’introduction de l’heure d’été (« simple »). La conclusion de cette étude fut que le nombre des accidents aurait été inférieur de 0,7 %  si l’heure d’été n’avait pas été appliquée (PJ n°26).

- Des résultats allant dans le même sens ont été obtenus par une autre étude allemande, réalisée elle aussi dans la première année d’application de l’heure d’été, à la Clinique

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Universitaire de Heidelberg : 30 victimes de plus soignées dans cette clinique en mai 1980, (avec heure d’été), comparativement à mai 1979 (sans heure d’été). Voir les chiffres du tableau de la pièce jointe, non traduite de l’allemand (PJ n°27).

- Une autre étude allemande fut réalisée en 1997, en utilisant les chiffres des accidents comportant des dommages aux personnes dans les trois jours suivant les avancements de l’heure légale au printemps (dimanche, lundi et mardi), chiffres qui sont comparées pour chaque différent jour : avant, après le changement d’heure et la semaine suivante (PJ n° 27 bis), avec les observations suivantes.

-le dimanche une semaine après l’avancement de l’heure le chiffre est légèrement supérieur à celui avant le changement ; alors que les conditions de circulation sont meilleures (journées plus longues naturellement, sans compter le déplacement d’une heure de lumière vers le soir, souvent présenté comme favorable à la sécurité routière. Curieusement le rapport de « Research voor Beleid » pour l’UE commente seulement la diminution davantage importante des accidents pour le dimanche du changement d’heure, en affirmant que, alors, « la fatigue due au changement d’heure devait être au maximum » : le rapporteur oublie que ce jour-là, dimanche, est plus court « légalement » (23 heures), que la lumière naturelle dure davantage, et que vraisemblablement les sujets ne se sont pas levés plus tôt ce jour-là, ce qui va arriver le lendemain, pour le travail … De plus, il est fort possible qu’ils soient moins sortis en voiture, en raison du retard pris sur les horaires légaux

- En ce qui concerne les mardis après l’avancement de l’heure, le rapport reconnait qu’il y a eu des augmentations consistantes des nombres des accidents (plus de 250 pour le 1er mardi, soit au-dessus de 25%, 155 pour le 2ème mardi, toujours avec des journées plus longues naturellement).

- Pour les lundis, il y a augmentation légère le lundi suivant le changement, et augmentation très importante pour le 2ème lundi (1.164 « après » contre 772 « avant »). Mais le rapporteur prétend que pour ce 2ème lundi, l’effet de l’heure d’été ne doit pas avoir d’importance.

Décidemment, il est remarquable qu’on prétende vouloir connaître l’étendue des effets de l’heure d’été en décidant à l’avance quand ils doivent être maximums et quand ils doivent devenir sans importance.

   

- En France l’ACHED a utilisé les chiffres de la Sécurité routière des années 75 et 76 (soit la dernière année avant l’introduction de l’heure d’été et la première année d’application du système) afin de comparer les accidents de ces deux années-là. Son travail montre que le nombre des tués a augmenté beaucoup la première année d’heure d’été : 661 tués en plus, pour les mois de la période « été » plus octobre (alors que le nombre des tués diminue pour l’ensemble de la période « hiver » moins octobre). Les nombres d’accidents, des blessés graves et des blessés légers ont aussi augmenté pendant la période « été » de 1976 (PJ n°28). Voir aussi le graphique publié par "Valeurs actuelles" sur l'évolution des victimes de 1971 à 2000 (PJ n° 28 bis)

- L’ACHED a aussi étudié l’extension de la période « été » au mois d’octobre à partir de l’année 1997, en examinant les chiffres des accidents pour le trimestre affecté par la modification de la période, à savoir les mois de septembre (qui n’a plus de changement d’heure), celui d’octobre (qui entre dans la période d’heure avancée, avec changement d’heure le dernier dimanche) et celui de novembre, affecté aussi par le nouveau calendrier, (puisque les personnes subissent l’adaptation à l’heure d’hiver pendant les premiers jours de ce mois) (PJ n°29). L’ACHED a groupé les chiffres de chaque mois : d’une part pour les trois dernières années avant la prolongation de la période « été »  et d’autre part pour les trois premières années d’extension de la période « été » au mois d’octobre. La comparaison des deux « paquets » de chiffres correspondant à un même mois montre un effet aggravant de l’allongement de la période « été » sur les accidents de la circulation, surtout au mois de novembre. Voici une explication logique : Lors du retour à l’heure d’hiver, le sommeil arrive plus facilement une heure avant (en termes d’heure légale), ce qui est excellent si on se trouve  chez soi, mais dangereux si on se trouve sur la route, par exemple pendant les vacances de la Toussaint.

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L’ACHED a appliqué la même méthode de travail à l’extension de la période « été » en Belgique et en Espagne, avec des résultats similaires.

- En Belgique la diminution du nombre des tués apparait légèrement plus importante pour le trimestre affecté par l’extension de l’heure d’été (-17,7% contre -16,3%) que pour le reste de l’année ; mais pour le nombre des blessés graves la diminution est moins forte que pour les autres 9 mois (-19,5% contre -21,3%) et pour le nombre des blessés légers on note une légère augmentation en sept+oct+nov, contrastant fortement avec la diminution importante qui apparait pour les autres 9 mois.

Ainsi, on ne peut pas conclure que l’extension de l’heure d’été ait été globalement bénéfique pour la  sécurité routière en Belgique (1).

- Pour l’Espagne, le nombre des tués diminue en sept+oct+nov, mais moins que pour les autres 9 mois. ; le nombre des blessés graves augmente en sept+oct+nov, et ceci davantage que pour les autres 9 mois.

Conclusion : Pour ce pays, l’extension de l’heure d’été apparait clairement mauvaise pour la sécurité routière.

             

- Au Royaume Uni, l’heure d’hiver fut avancée  dans les années 1969 à 71 avec suppression des changements d’heure (système TUC+1 d’heure « fixe »). La comparaison avec les années précédentes (régime TUC /TUC++1, d’heure d’été « simple ») fit apparaître une diminution des  accidents de la circulation. Cette diminution fut attribuée à l’avancement de l’heure en « hiver », et non à la suppression des changements d’heure. L’expérience a servi de prétexte pour préconiser les systèmes d’heure TUC+1/TUC+2, qui, pour la longitude du Royaume Uni correspond à une heure d’été « double », donc très avancée, surtout en période « été » (PJ n°30). L’ACHED estime que cette recommandation est infondée. L’avancement en période « hiver » n’a pas le même impact que l’avancement en période « été », quand le report de la lumière vers le soir n’affecte plus le « rush » de retour du travail. Néanmoins, il apparait que le système TUC+1 paraît préférable pour le Royaume Uni du point de vue des accidents de la circulation.

Dernière heure : Une étude effectuée au Royaume-Uni a montré que les accidents (surtout les accidents mortels) augmentent après l’avancement de l’heure (ALSOUSOU et al, appendix et PJ n° 40 bis)

 

En résumé, nous avons recensé 9 travaux montrant des détériorations de la sécurité routière suite à l’introduction du système « heure d’été » ou à la prolongation de sa période :

Trois  études allemandes, quatre études françaises (concernant trois pays), et une étude du Royaume Uni. Soit, au total, huit travaux européens, auxquels peuvent s’ajouter plusieurs études du canadien COREN. Un bilan très clair.

 

A l’époque de la rédaction du rapport de « Research voor Beleid »,  cinq travaux montrant une détérioration de la sécurité routière comme effet de l’heure d’été étaient déjà connus (trois études allemandes,  une étude française et la première du canadien COREN). Tout ceci contre une seule étude concluant favorablement à l’effet de l’heure avancée d‘été, celle du belge De BRABANDER, au sujet de laquelle l’ACHED a apporté une suite allant dans l’autre sens (comparaison de deux années « avant » face à deux années « après », au lieu d’une seule année de chaque côté) et l’observation de la dimension plus réduite du pays belge comparativement à l’Allemagne ou à la France.

Le rapporteur de la société de consultants citée a montré beaucoup de partialité en méprisant toutes ces études et en mettant en avant les études de l’Irlande et du Royaume Uni sur l’expérience de 1969-1971, quand l’heure d’hiver fut avancée, et diverses extrapolations ultérieures. Il vante aussi des travaux des Etats-Unis d’Amérique, parmi lesquels :

- ALDRICH estima intéressante l’expérience californienne d’extension de l’heure d’été (à toute l’année ?)

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- FERGUSSON recommanda l’extension de l’heure avancée à l’ensemble de l’année, se basant sur une diminution du nombre des accidents dans les semaines après l’avancement de l’heure… (quand les jours sont naturellement plus longs et le temps meilleur, observe l’ACHED). Mais la période étudiée semble capricieuse (dès 13 semaines avant le changement d’automne jusqu’à 9 semaines après le changement du printemps). De plus, seulement six heures de la journée furent prises en compte (pourquoi pas les autres ?).

- MEYERHOFF obtint des chiffres de réduction « d’environ 0,7% au printemps et une nette réduction de 1% pendant plusieurs semaines lors des transitions de printemps et d’automne ».

Outre le fait que ses explications apparaissent obscures, MEYERHOFF indique que ces résultats seraient au mieux indicatifs, car plusieurs données prises en compte pour son étude « comportaient certaines déficiences ».

- Citons pour conclure un autre américain, le chercheur Dr. Husseini MANJI (Wayne State University’s School of Medicine) pour qui une majorité des personnes des Etats-Unis souffrent d’un déficit du sommeil. Pour ce scientifique, la modification des rythmes de sommeil lors du changement du printemps affecte le jugement, l’attention et les réflexes des sujets, ce qui ne peut pas manquer d’augmenter le nombre des accidents.

 

L’ACHED a signalé plusieurs fois la partialité de « Research voor Beleid ». Elle le fait encore en 2014 auprès du Commissaire Siim KALLAS, afin que cela ne recommence pas lors d’un nouveau rapport.

Dernière heure : un adhérent nous informe que l’Argentine aurait abandonné son heure d’été en raison de l’augmentation des accidents entrainée. Le bureau de l’ACHED a demandé des précisions à l’ambassade de l’Argentine.

 Travail scolaire

La succession régulière de reformes des rythmes scolaires est signe d’une impossibilité » de bon arrangement en absence d’une réforme de l’heure. En effet, la question importante est de faire en sorte que les scolaires commencent la journée bien reposés. Or, avec le système actuel de l’heure ils se lèvent très tôt en France, peu après 4h30 heure du fuseau, heure moyenne du lever de leurs parents (6h30 heure légale), afin d’arriver à l’école avant …6h30 heure du fuseau (8h30, heure légale) ! AINSI, ILS MANQUENT D’UN SOMMEIL SUFFISANT TOUT AU LONG DE LA SEMAINE.

On peut se demander si tous les spécialistes des rythmes scolaires comprennent les questions concernant l’heure (solaire, fuseau, légale…). Concernant les chronobiologistes, les déclarations de plusieurs d’entre eux semblent montrer qu’ils assimilent à tort le changement d’heure à un voyage vers un fuseau horaire proche.

L’auteure de ce rapport s’est trouvée dans les années 80 dans un amphithéâtre de la Sorbonne dans lequel un nombre important de participants discutaient le problème des rythmes scolaires. Un graphique est projeté sur un écran, représentant les horaires de début des classes dans divers pays, parmi lesquels apparaissaient les horaires des écoliers français, soit début à 8h30, heure légale. « Cet horaire se situe dans la moyenne des autres » : Ceci est dit et commenté par l’une des personnes intervenantes…sans explication de l’équivalence des différents horaires en termes d’heure du fuseau géographique de pays. Il aurait fallu dire qu’en France les écoliers commencent à 7h30, heure du fuseau en période « hiver», et à 6h30 en période « été », ce qui constitue un record de lever-tôt en comparaison avec les autres pays recensés à l’occasion ! (PJ n° 31).

Ce jour-là, la demande de prise de parole de la présidente de l’ACHED a été refusée.

 

Au sein du Ministère de l’Education Nationale il y a pourtant conscience du problème. Dans un document (joint), des experts de ce ministère jugent ainsi le système d’heure d’été : « On ne stigmatisera jamais assez le rôle néfaste sur les rythmes biologiques de l’enfant du...

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...changement d’horaire été-hiver et réciproquement qui, peut-être utile sur le plan économique, n’amène qu’une désynchronisation supplémentaire dont les effets se font sentir sur une longue période deux fois par an »  (PJ n° 32). Observons que les rédacteurs de ce texte très juste utilisent le terme « horaire » là où il aurait fallu employer le terme « heure ». Cette confusion est très courante, surtout chez les journalistes.

Pour le travail des écoliers et des étudiants en général, le meilleur système serait de reprendre l’heure de notre fuseau géographique. Mais à défaut de l’heure du fuseau, il est indispensable de revenir à une seule heure d’avance, sans changements le long de l’année.

Il faut réaliser que les horaires typiques du travail et de l’école d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux du siècle dernier, en termes d’heure légale, laquelle a subi deux avancements depuis….en même temps que les distances domicile-école augmentaient beaucoup surtout en zone rurale.

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Travail en général

L’heure d’été cumule des inconvénients très graves en relation avec le travail.

Fatigue et absentéisme, pénibilité accrue, conditions  défavorables le matin et en début d’après-midi, perturbations de la vie familiale des agriculteurs, effet sur les élevages de bétail, surtout quand il s’agit de la production laitière, facilités pour le travail au noir, difficultés informatiques deux fois par an pour certaines entreprises, diminution de la productivité et, comme nous l’avons vu, augmentation des accidents du travail.

 

1) L’heure d’été fatigue : c’est une réalité confirmée par les sondages d’opinion et les études scientifiques qui ont été présentés dans le rapport. Ceci est de nature à avoir des effets dans les métiers qui ont besoin de  travailleurs en forme.

De plus, le jour de l’avancement de l’heure au printemps, on note un absentéisme significatif dans les entreprises comportant un nombre important d’employés. Ailleurs, l’absence d’un ou de quelques employés pourra paraître occasionnelle, sans lien évident avec l’heure avancée (voir la lettre d’un chef d’entreprise, M. P. Le COUVIOUR, PJ n° 33).

Des retards du commencement du travail peuvent se produire pendant toute la période été. Beaucoup de personnes ressentent un cumul de fatigue trois semaines après le changement d’heure et toutes ont le plus grand mal à dormir à l’époque du solstice d’été, quand le rallongement naturel de la journée accentue l’effet de retard de l’obscurité dû aux avancements de l’heure légale.

 

2) Les conditions météorologiques défavorables dans les après-midis de la période « été » augmentent la pénibilité du travail des métiers de plein air : travail dans les champs, dans le bâtiment ou sur la voirie quand l’après-midi légal commence à midi solaire et se poursuit pendant que la température monte jusque à 16h légales environ…et tarde à redescendre, surtout dans les agglomérations urbaines, où le béton conserve la chaleur, comme le ferait un four à pierres réfractaires.

 

 3) Ces conditions de l’après-midi nuisent au travail par son effet sur l’homme. La détérioration des conditions du matin (en termes d’heure légale) nuisent à l’exécution des travaux, surtout agricoles, par un effet direct sur le terrain:

- moindre lumière naturelle, surtout gênante en début de la période « été, en particulier pour les travaux de plein air, dont le bâtiment, quand le soleil se lève vers 6h solaires, soit autour de 8h légales (en lien avec la longitude du lieu).

- température plus basse, puisque le minimum thermique a lieu une heure après le lever du soleil, soit vers 7h, heure solaire (9h heure légale).

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- humidité plus importante au début du travail (elle dépend de la température), ce qui dérange beaucoup le travail agricole : Les cultivateurs doivent attendre l’évaporation de la rosée (PJ n° 34).

 

4) Le retard des travaux agricoles, et en conséquence leur conclusion tardive le soir, perturbent la vie familiale des agriculteurs, dont les enfants doivent diner en absence de leur père et dont les épouses sont tenues à un double service de diner le soir : Or, souvent ce sont elles qui doivent se lever le plus tôt, pour préparer les enfants pour l’école et se rendre elles-mêmes à un travail hors de l’exploitation !

On ne doit pas s’étonner des difficultés que beaucoup d’agriculteurs rencontrent quand ils souhaitent contracter un mariage…

Les familles ne peuvent pas retenir facilement leurs ouvriers tard le soir et se limitent à assumer elles-mêmes les tâches urgentes.

 

5) La production laitière est perturbée par les changements d’heure :

- au printemps parce que les vaches ou les brebis devront subir la traite en avance par rapport à leurs processus physiologiques.

- encore davantage lors du retour à l’heure d’hiver, quand les laitières sont obligées d’attendre une heure de plus pour être libérées de leur lait ; ceci étant de nature à faire apparaître des abcès.

 

6) Le travail « au noir » est évidemment favorisé par le retard apparent de la lumière du soleil vers le soir ; il s’agit d’un retard réel en termes d’heure légale.

 

7) Le travail des équipes de plusieurs personnes de différents pays travaillant sur un même sujet se trouve perturbé :

- par les changements d’heure, soit parce que certains pays concernés ne changent pas d’heure, soit parce qu’ils changent à des dates ou des heures différentes…voire changent d’heure dans un sens opposé, parce qu’ils se trouvent dans un hémisphère différent de la majorité des participants. Il est souvent difficile de s’y retrouver !

- par les avancements d’heure en tant que tels, puisque certaines personnes travaillant dans des pays qui ne changent pas d’heure vont devoir décaler leurs emplois du temps pendant toute la période « été » afin de rester en accord avec les autres

 

8) Dans le chapitre des loisirs, nous avons signalé les difficultés entrainées par l’heure avancée d’été pour les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie : car les clients ont tendance à affluer tardivement (comparativement à la situation d’heure dite « d’hiver » à la même époque du calendrier). Ceci est cause d’une fatigue supplémentaire pour l’ensemble du personnel. De plus, les employés jeunes ne peuvent pas prendre en charge le travail dans des heures considérées « de nuit », et les employés adultes doivent être rémunérés en tarif nocturne.

 

9) Le monde de la santé est particulièrement affecté par les difficultés entrainées par le système « heure d’été ». Voir à ce sujet la lettre d’un kinésithérapeute en exercice (PJ n° 35).

 

10) A propos de travail en général, voir la position du syndicat CGT dans une lettre au député M. GONNOT pour son rapport (PJ n° 35 bis).

 

Si l’on prend en compte l’ensemble des conséquences néfastes des systèmes d’heure d’été répertoriés précédemment, il apparait évident que ces systèmes diminuent la productivité du travail, surtout le matin, d’où un effet d’affaiblissement de la croissance du pays.

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Environnement

La consommation d’énergie est évidemment une question environnementale, mais nous l’avons déjà traitée parmi les « prétendus avantages » des heures avancées.

Deux autres impacts environnementaux de l’heure avancée sont l’augmentation de la pollution photo-oxydante en agglomération et la consommation plus importante d’eau pour l’arrosage des jardins et potagers des particuliers, puisqu’il fait plus chaud à l’heure du retour du travail (pour l’éviter il faudrait retarder le diner et/ou sacrifier le début des émissions TV du soir).

 

- L’idée d’une pollution photo-oxydante plus élevée comme impact de  l’heure avancée, du fait que la circulation en général se fait plus tôt par rapport à la course du soleil, a été émise pour la première fois par l’ACHED, qui l’a présentée au député M. Jean VALROFF, pour son rapport sur les pluies acides de l’année 1985 (publié à la Documentation française). Elle s’y trouve expliquée et pour preuve la présidente de l’ACHED est citée à la source de l’idée…que d’autres se sont plus ou moins attribuée par la suite.

Dans un premier temps il a été proposé comme explication que cet effet de l’heure avancée viendrait de l’avancement du « rush » du retour du travail. Mais, d’après des scientifiques anglais, cet effet serait plutôt dû à l’avancement des premières tranches de circulation du matin : Ainsi la totalité des polluants émis par la circulation des véhicules à moteur d’essence réagirait pendant plus longtemps sous l’effet des rayons UV et la température de l’air, ce qui ferait monter la concentration des polluants secondaires que sont les composés photo-oxydants (ozone, peroxy-acétyl-nitrate, dit PAN, H2O2…).

En France, l’idée a été confirmée par des études recommandées par le député M. VALROFF et qui ont été réalisées à l’Université des Sciences et Techniques de Lille, par M. J.C. DECHAUX et al, (laboratoire de cinétique de la combustion). Les résultats de cette équipe montrent que l’effet de l’heure avancée est une élévation des pointes des photo-oxydants : 6% en moyenne pour l’ozone et 7% pour le PAN, tout ceci lors de ce qu’on appelle des épisodes de pollution par stagnation atmosphérique en agglomération. Si on considère l’avancement de deux heures par rapport à l’heure de notre fuseau géographique, l’élévation des pics des photo-oxydants est double (PJ n°36).

Ces travaux ont été confirmés par des recherches similaires dans d’autres pays surtout en Belgique : travaux de ECOCARE à Anvers et de M. Walter HECQ, à l’ULB (Université libre de Bruxelles) (PJ n°37).

Aux Etats Unis, COHEN a lui aussi confirmé les travaux précédents par des mesures sur le terrain (PJ n° 38).

Le congrès de MONTRÉAL en 1992 a présenté cet ensemble de travaux, en plus d’autres recherches montrant une augmentation très importante du H2O2 (eau oxygénée) dans l’air : Ceci est possiblement dû au fait que les polluants primaires (dont les oxydes d’azote) sont émis plus tôt par les véhicules et les industries, donc quand l’humidité de l’air est davantage importante (PJ n°39).

Une objection officielle a été rapidement présentée aux résultats de M. DECHAUX. Tout en admettant la réalité de l’élévation des pics des polluants photo-oxydants comme effet de l’heure d’été, il a été prétendu que les doses globales journalières de photo-oxydants étaient inférieures avec l’heure avancée.

Erreur manifeste: Ces objecteurs ne présentent pas les doses globales des polluants photo-oxydants sur 24h, mais uniquement sur une partie de la journée ; de plus, les coordonnées de l’axe des abscisses sont présentées en termes d’heure légale pour les deux courbes, alors que l’heure légale d’hiver et l’heure légale d’été sont différentes en termes d’heure solaire ou d’heure du fuseau. En effet, les heures légales n’ont pas de réalité en elles-mêmes, mais seulement  par leur relation à l’heure solaire.

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L’ACHED a comparé les dites « doses globales » en utilisant l’heure du fuseau à l’axe des abscisses : Elle a trouvé que les doses globales journalières de polluants secondaires sont supérieures, comme effet de l’heure d‘été (l’association est en mesure de fournir leurs études sur demande).

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Météorologie

Déjà le rapport du Ministère de l’Intérieur de l’ancienne RFA, préparé après la réintroduction de l’heure d’été dans ce pays en 1980, a fait état des difficultés occasionnées par les changements d’heure vis-à-vis des prévisions météorologiques. En effet, les personnes bénévoles effectuant des relevés journaliers le faisant à heure légale constante…laquelle varie par rapport à l’heure solaire.

Plus récemment, le Service Météorologique National français a envoyé une note au député M. François-Michel GONNOT pour son rapport au Premier Ministre M. Alain JUPPÉ. Le service fait état des problèmes rencontrés pour pouvoir fournir des prévisions à l’heure requise (6h, heure légale) en période « heure d’été ». L’heure manquante se fait sentir pour la réunion des données observées et pour le travail qui s’en suit… ce qui parait tout-à-fait normal à un profane en la matière (PJ n°40).

Or, les prévisions météorologiques sont importantes pour notre vie quotidienne, pour nos transports et diverses professions…et aussi pour la sécurité de tous.   

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Autres effets pervers

Citons la difficulté de s’habiller pour toute la journée, quand le début des journées du printemps peut être très froid, alors qu’il pourra faire très chaud l’après-midi. Des personnes adultes devront se changer au cours de la journée ; les écoliers risqueront d’égarer les survêtements du matin…

Les changements d’heure posent des problèmes pour la chronologie précise des événements, puisqu’une heure disparait au printemps, tandis qu’une autre heure est « doublée ».

C’est cette « heure bis », entre 2h et 3h du matin, heure légale (en France), soit entre 1h et 2h temps universel (pour toute l’UE) peut poser des problèmes aux généalogistes et aux registres civils, surtout lors du retour à l’heure d’hiver. Supposons deux jumeaux, dont l’un naît en France à 2h50, peu avant le retour à l’heure d’hiver (« à 3h il sera 2h »). Le 2ème jumeau naît 30 mn plus tard, soit après le retour à l’heure d’hiver : puisque l’heure légale de sa naissance sera 2h20…il serait apparemment l’ainé!

Bien sûr, il y a des « trucs » pour parer à ces complications, mais ce n’est pas simple…

 

Très important chez les familles : Le temps passé à remettre à l’heure (avancée ou retardée) les horloges, montres et divers appareils qui ne changent pas automatiquement. En effet, on doit éviter des erreurs qui viendraient d’une heure erronée…comme un rendez-vous raté.

Pour les horloges publiques, les changements d’heure supposent des coûts…et des difficultés diverses, surtout lors du passage à l’heure d’hiver, quand il faut compter deux passages, en raison que beaucoup d’horloges anciennes n’admettent pas d’être retardées ; il faut les arrêter un temps, puis les remettre en marche. Quant aux horloges et appareils qui changent d’heure automatiquement, on doit savoir qu’ils obéissent à un « signal », qui peut affecter plusieurs pays. Une complication pour un pays qui voudrait abandonner l’heure d’été en solitaire. Mais certainement ce n’est pas insurmontable. La parole est aux experts.

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Conclusion

L’heure d’été apparait comme un désordre en termes de circulation et communication, inutile en termes d’énergie (voire perdant, en tout cas dans un avenir proche), économiquement et humainement coûteux,  nocif pour l’homme  sous différents aspects.

Ce système a trop duré et rien ne justifie son maintien.

Il est donc urgent que les pays de l’UE, avec la France en tête, se penchent sur la question, en prenant en compte l’ensemble des études effectuées dans le monde, afin de préparer son abandon le plus vite que possible. Le monde entier sera reconnaissant à l’UE d’avoir supprimé cette complication nuisible des changements d’heure. Sinon des pays pourraient reprocher ensuite à l’UE son inertie dans une affaire grave qui touche à l’économie et à la vie des personnes. Dans le monde entier, des personnes meurent ou sont blessées dans des accidents supplémentaires entrainés par l’heure avancée d‘été !

La France serait déshonorée si un autre pays proposait l’abandon des « heures d’été », en faisant la vérité sur ses bilans. La France doit veiller à son intérêt. Dès le début des conversations elle doit annoncer que l’avancement de la période « été » passera sur son territoire de deux heures à une heure, d’une manière ou d’autre :

- soit, de préférence, par abandon pur et simple de la 2ème heure d’avance en période « été ».

- soit par diminution d’une heure de l’avance, « été » comme « hiver » ; avec, en compensation partielle, de légers avancements des horaires scolaires en « hiver » dans les régions de l’Est.

Les deux solutions permettraient de diminuer les problèmes de sommeil et la consommation de somnifères « durs », ainsi que beaucoup de problèmes du monde du travail.

Elles laisseraient à la France le résultat énergétique d’une heure d’avance sur l’heure du fuseau géographique, solde que nous estimons négatif (compte tenu de l’ensemble des études effectués dans le monde), mais que l’ADEME ne peut qu’estimer positif jusqu’à présent, selon ses modélisations.

L’ancien premier Ministre M. Alain JUPPÉ avait voulu supprimer l’heure d’été française. La Commission Européenne l’en a empêché. Le gouvernement actuel ferait bien de s’adresser rapidement à la Cour européenne de justice, afin de voir clair (enfin!) dans la question des compétences.

Sinon, le débat interne au pays continuera à être refusé ou impossible : la vérité permettrait de discuter soit l’abandon pur et simple des changements d’heure, soit le retour à une « heure d’été simple », comme celle qui a été utilisée en France entre les deux grandes guerres (et qui est, dans l’immense majorité des cas, le type d’heure d’été utilisée dans le monde). Les changements d’heure constituent un désordre et une contrainte : leur suppression doit être envisagée en premier lieu, si possible.

 

NOTE sur le système des fuseaux horaires

Ce système a été préparé par la Convention de WASHINGTON, à la fin du 19ème siècle. La circonférence du globe a été divisée en 24 fuseaux horaires, chacun correspondant à un intervalle de 15 degrés de longitude ; à l’intérieur de chaque fuseau l’heure légale est l’heure solaire moyenne du méridien central du  fuseau, appelé « méridien de référence ». Le méridien d’origine pour la progression des fuseaux est celui de Greenwich, près de Londres.

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En direction de l’est, le méridien de référence du premier fuseau est celui de Naples (passant aussi près de Berlin). Ce méridien (et le fuseau autour) est appelé GMT-1. « Moins un » est le nombre d’heures qu’il faut « ajouter » à l’heure locale pour avoir l’heure de Greenwich. Inversement, l’heure du fuseau de Naples est GMT+1. En allant vers l’ouest à partir de Greenwich, les méridiens seront GMT+1, GMT+2 etc. et leur heure locale normale sera GMT-1, GMT-2, etc… L’heure GMT a été appelée « heure universelle ». On se réfère actuellement aux heures UTC. Car 0h GMT est le moment (moyen) du passage du soleil sur le méridien 0 (zéro), tandis que 0h UTC est le moment moyen du passage du soleil sur le méridien 12, soit 12 h GMT. Bref, les heures UTC équivalent aux heures GMT augmentées de 12 heures. A Londres (comme à Pau et au Mans, en France) il est midi solaire à UTC+12. (5)

Avec ce système, la différence entre l’heure légale d’un point de chaque fuseau et son heure solaire moyenne est inférieure à 30 mn. A l’est du méridien de référence, l’heure légale retarde

par rapport à l’heure solaire, tandis qu’à l’ouest du méridien de référence elle est en avance par rapport à l’heure solaire d’un point déterminé (ainsi d’autres avances sont mal ressenties).

Progressivement les limites des fuseaux horaires ont épousé les frontières des pays, quand cela convenait, afin d’unifier les heures légales de chaque pays.

Il ne faut pas confondre « fuseau horaire «  et « zone de temps ». Malheureusement un seul terme désigne les deux en anglais : « time zone ».

- un fuseau horaire est une partie de la surface de la sphère terrestre en forme de fuseau du textile, affutée aux deux extrémités, qui touchent les pôles, et plus larges à la hauteur de l’équateur, d’une magnitude de 15 degrés sexagésimaux.

- une « zone de temps » est une zone géographique comprenant des pays qui ont décidé d’utiliser la même heure légale, celle de l’un des fuseaux contenus dans la zone, ceci au moins en période « hiver » : Ainsi, ce qu’on appelle « heure de l’Europe continentale » est,  en période « hiver », l’heure du fuseau géographique dont le méridien de référence est celui qui passe par Naples (et pas loin de Berlin). Cette « zone » a une forme de « patate »… En période « été » les pays compris dans la « zone » utilisent l’heure d’un fuseau extérieur à la « zone », celui de St. Petersbourg-Ankara. Cette absurdité, une véritable entorse au système universel des fuseaux horaires, est tout le problème que nous combattons depuis trente années… 

Appendix – Une fois ce rapport terminé, nous avons eu connaissance d’une étude britannique de 2012 sur l’effet de l’heure d’été du Royaume Uni (heure UTC+1, soit une heure d’été « simple ») sur les accidents graves de la circulation, travail de Joseph ALSOUSOU & al, réalisé entre 1996 et 2006. Les résultats montrent une augmentation significative des accidents graves, surtout ceux entrainant des décès, dans les deux semaines suivant l’avancement de l’heure au printemps, les piétons étant le sous-groupe le plus affecté. La variation du nombre des accidents lors du retour à l’heure d’hiver, heure UTC, n’apparut pas significative. Les auteurs craignent que l’introduction d’un avancement de deux heures au Royaume Uni puisse entrainer des effets néfastes dans le domaine des accidents de la circulation (PJ n° 40 bis)

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(5) L’abréviation UTC est la même que TUC (Temps Universel Coordonné), mais c’est en anglais? Attention : Certains dictionnaires désignent les fuseaux horaires par le chiffre correspondant à la différence entre l’heure légale du fuseau et l’heure de Greenwich, et non l’inverse. On peut donc trouver la référence “fuseau +1”, pour celui centré sur le méridien de Prague et Naples, à la place de « - 1 ».

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Rapport réalisé par Madame Leonor GABARAIN (Dr. Ingénieur en agronomie) avec la collaboration  de Monsieur Jean-Pierre MOREAU (Ingénieur agronome, Licencié ès Sciences) de septembre à novembre 2012.

 

Nota : Les rapports du Sénat sont disponibles par internet. Ceux de Mme ROYAL et M. GONNOT, ainsi que les études faites par et pour l’ADEME doivent être faciles à obtenir auprès du Gouvernement.

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Documents annexés:

4 cartes d’Europe de l’heure et  Liste des 59 pièces jointes au rapport

Pièce Jointe n°1 - Ordonnance du Tribunal de Luxembourg, suite au recours de l’Association Contre l’Heure d’Eté (extrait)

Pièce jointe n°1 bis - DIRECTIVE 2000/84/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 19 janvier2001 concernant les dispositions relatives à l'heure d'été

Pièce jointe n°1 ter – Déclaration de la Commission européenne concernant la prétendue obligation de l’heure d’été

Pièce Jointe n°2  - Défense du Parlement européen face au recours de l’ACHED (extrait) 

Pièce Jointe n°3  - Défense du Conseil de l’UE face au recours de l’ACHED (extraits)

Pièce Jointe n°4 - Lettres du Président de la Commission européenne, M. DELORS et de M. COLEMAN

Pièce Jointe n°4 bis - Document du Conseil économique et social de l’UE

Pièce Jointe n°5 - Etude de la RFA sur les effets de l’heure d’été sur la circulation (Institut fédéral des Transports routiers)

Pièce Jointe n°6 - Etude de Météo-France Lille pour l’ACHED concernant le retard apparent des brouillards épais en période dite « d’été » (en termes d’heure légale)

Pièce Jointe n°7  - Echo de l’abandon de l’heure d’été par la Chine, rappelant un « chaos » pour les horaires, surtout ceux des transports

Pièce Jointe n°8 - Conclusion du chapitre « Loisirs et Tourisme » du Rapport de « Research voor Beleid »

Pièce Jointe n°9 - Déclaration de la Confédération française des Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers et Discothèques signalant             les difficultés rencontrées par eux à cause de l’heure d’été  (extrait du rapport du député M. GONNOT)

Pièce Jointe n°9 bis - Extrait du Rapport de Mme Ségolène ROYAL concernant les loisirs

Pièce Jointe n°9 ter - Extrait du Rapport de Mme Ségolène ROYAL concernant le bilan énergétique de l’heure d’été

Pièce Jointe n°10 - Conclusion de l’étude de Hans BOUILLON (RFA, Institut de recherches sur l’énergie de Munich) (traduction en français)

Pièce Jointe n°10 bis - Résumé de la même étude, figurant dans le Rapport de Research  voor Beleid pour la Commission européenne

Pièce Jointe n°11 - Etude de Walter HECQ (ULB, Bruxelles, Belgique) : Effet de l’heure d’été sur la consommation de carburant pour le trafic

Pièce Jointe n°12 - Etude de KOTCHEN et GRANT (USA) sur les effets de l’heure d’été sur la consommation d’énergie des ménages

Pièce Jointe n°13  - Extrait d’un tableau de YU FOONG CHONG & al. contenu dans une étude de l’Université de Cambridge (RU), (« US and UK clock-time policy ») et figurant dans l’étude de Energies Demain pour l’ADEME

Pièce Jointe n° 14 - Résumé des principaux bilans énergétiques de l’étude de «Energies Demain» pour l’ADEME, relative à l’impact de l’heure d’été

Pièce Jointe n° 14 bis – Etude de l’ACHED concernant l’effet de la 1ère et de la 2ème heure d’avance sur le pic de consommation d’électricité autour de 19 heures légales

Pièce Jointe n° 14 ter – Extrait d’une présentation du débat de 1916 sur le premier avancement de l’heure en France

Pièce Jointe n° 15 - Pages d’un sondage BVA-ACHE (1987)

Pièce Jointe n° 16 - Courbe des niveaux de mélatonine dans le sang (par rapport à l’heure du fuseau et à l’heure légale française actuelle) 

Pièce Jointe n° 17 - Résumé des études de MONK & FOLKARD (RU) (Rapport de BEAUVAIS Consultants)

Pièce Jointe n° 17 bis - Etude de SCHMIDT et al. (Résumé figurant dans le Rapport de Research voor Beleid pour la Commission européenne)

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(page 31)

Pièce Jointe n° 18 – Lettre de M. le Ministre Claude EVIN à M. le Député A. MOYNE BRESSAND 

Pièce Jointe n° 18 bis – Lettre de l’Académie de Médecine à Mme la Députée Ségolène ROYAL

Pièce Jointe n° 18 ter – Lettre du Dr. GUNDEL à Mme GABARAIN, Présidente de l’ACHE

Pièce Jointe N° 19 - Résumé de l’étude de ROENNEBERG, KANTERMANN et al  (Allemagne)

Pièce Jointe n° 19 bis - Résumé de l’étude de AGATOVA et al. (Russie)

Pièce Jointe n° 19 ter -  Lettre du Dr. LOUBET à Mme la Députée Ségolène ROYAL

Pièce Jointe n° 20 - Déclaration de scientifiques de Saint-Pétersbourg (Russie – juillet 2012) 

Pièce Jointe n° 21 - Suède) sur l’augmentation des accidents cardiaques après le passage à l’heure d’été – The New Etude des Prs JANSZKY et Rickard LJUNG (Institut Karolinska de Stockholm, England journal of Medicine – 359;18 – oktober 30, 2008 

Pièce Jointe n° 22 - Etude de BARNES et al. (Université de l’Etat de Michigan) sur l’augmentation du nombre et de la gravité des accidents  dans les mines aux USA 

Pièce Jointe n° 23 - Etude de COREN et al. (Canada) sur l’augmentation du nombre des accidents de la circulation 

Pièce Jointe n° 24 - Extrait du rapport LEGRAIN sur la consommation des somnifères : Corrélation de l’élévation de la consommation avec l’introduction de la 2ème heure d’avancement dans trois pays 

Pièce Jointe n° 24 bis - Présentation du travail du Pr. Bernard BEGAUD sur la consommation chronique de benzodiazépines et le risque d’entrée dans la maladie d’Alzheimer 

Pièce Jointe n° 24 ter – Manque de sommeil et risque de diabète – Présentation de l’étude de BRADY (USA)

Pièce Jointe n° 25 - Communication de l’ACHED à Mme BOUTIN sur le suicide et l’avancement de l’heure légale par rapport  à l’heure solaire

Pièce jointe n° 26 – Etude du service fédéral de la circulation routière de la RFA sur les accidents entraînés par l’heure d’été

Pièce Jointe n° 27 - Etude de la Clinique universitaire de Heidelberg (RFA) sur les accidents de la route

Pièce Jointe n° 27 bis - Extrait de Statistisches Bundesamt, Fachserie 8, Reihe 7 « Verkehrunfälle 1997 »

Pièce Jointe n° 28 - Etude de l’ACHED sur les accidents de la route en 1976 (1ère année avec heure d’été) et en 1975

Pièce Jointe n° 28 bis – Graphique des accidents de la route en France de 1971 à 1999

Pièce Jointe n° 29 - Etude de l’ACHE(D) sur la prolongation de la période « été » au mois d’octobre et son impact sur les accidents de la route

Pièce Jointe n° 30 – Travaux du Royaume-Uni sur la diminution des accidents de la route lors de l’utilisation du système UTC+1 (fixe) au lieu de UTC « hiver » - UTC+1 « été »

Pièce Jointe n°31 – Graphiques des horaires de classe pour les écoliers de divers pays du monde

Pièce Jointe n° 32 – Document du Ministère de l’éducation nationale (1988)

Pièce Jointe n° 33 – Lettre d’un chef d’entreprise (M. P. LE COUVIOUR) relative à l’absentéisme suite à l’avancement de l’heure

Pièce Jointe n° 34 – Document du Centre National des Jeunes Agriculteurs

Pièce Jointe n° 35 – Lettre d’un masseur-kinésithérapeute

Pièce Jointe n° 35 bis – Lettre de la CGT pour le Rapport du député M. F.M. GONNOT

Pièce Jointe n° 36 – Communiqué de l’Agence de la Qualité de l’Air

Pièce Jointe n° 37 – Résumé d’une étude de Walter HECQ (Université Libre de Bruxelles) relative à la pollution par photo-oxydants et la consommation d’essence pour le trafic 

Pièce Jointe n° 38 – Etude de COHEN sur les photo-oxydants de l’air mesurés après le changement d’heure

Pièce Jointe n° 39 – CR du Congrès de Montréal (1992) sur les pollutions atmosphériques

Pièce Jointe n° 40 – Lettre de Météo-France à M. le député F.M. GONNOT

Pièce Jointe n° 40 bis - Effets du DST sur les accidents corporels de la route en Grande-Bretagne : une analyse de deux ensembles de données indépendants par Joseph ALSOUSOU et al.  Oxford OX3 9DU, UK

 

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schonmann | Réponse 31.03.2014 01.59

quand vous allez au travail le matin et quand vous rentrez le soir en voiture , vous vous retrouvez avec les rayons du soleil presque horizontaux dans les yeux

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Commentaires

09.09 | 18:30

La Turquie étant une dictature, le peuple subira ! Et nous, qu'allons nous faire ? Mobilisons-nous d'ors et déjà pour conserver l'heure d'hiver en 2017.

...
24.03 | 13:23

Croire (et faire dire) qu'il faudrait rester à l'heure d'été toute l'année! Celle de Brest ou celle d'Ajaccio? Pauvres citoyens chloroformés et malinformés.

...
24.03 | 00:27

petites voix qui crient dans le désert : unissions nous !

...
24.03 | 00:26

https://www.change.org/p/marisol-touraine-boycott-du-changement-d-heure-non-a-l-heure-d-%C3%A9t%C3%A9?recruiter=513580280&utm_source=share_for_starters&utm_medi

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